Musique

Quel compositeur a écrit la Symphonie no 5 sous le thème du destin qui frappe à la porte sans jamais avoir entendu sa propre œuvre en raison de sa surdité ?

La réponse

Ludwig van Beethoven.

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Composée par Ludwig van Beethoven, la Symphonie no 5 en ut mineur, op. 67, est devenue l’un des symboles les plus puissants de la musique occidentale. Son ouverture, formée de trois notes brèves suivies d’une note longue, est immédiatement reconnaissable et a souvent été associée à l’image du destin frappant à la porte. Cette œuvre occupe une place particulière dans l’histoire de la musique, car Beethoven l’a élaborée alors que sa surdité progressait et qu’elle l’empêchait d’entendre sa propre création comme un auditeur entendant.

Une composition menée dans l’épreuve

Les premières esquisses de la Cinquième Symphonie remontent aux années 1800, mais Beethoven en a surtout fixé la forme entre 1807 et 1808. À cette période, sa perte auditive est déjà profonde. Elle ne l’empêche toutefois ni de composer ni de concevoir mentalement des œuvres complexes : sa connaissance de l’écriture musicale, son expérience de l’orchestre et sa mémoire des timbres lui permettent de travailler à partir de représentations intérieures du son. Il ne faut cependant pas transposer trop tôt dans cette période l’usage des carnets de conversation, qui ne devient véritablement attesté que plus tard. La symphonie est créée à Vienne le 22 décembre 1808, au Theater an der Wien, lors d’un vaste concert consacré à plusieurs œuvres nouvelles de Beethoven, dont la Symphonie no 6 et le Concerto pour piano no 4.

Le célèbre motif du destin

Le motif initial est constitué de quatre notes : trois notes courtes et une note longue. Sa concision, son rythme fortement accentué et ses nombreuses réapparitions donnent au premier mouvement une tension exceptionnelle. L’interprétation selon laquelle ces notes représenteraient le destin frappant à la porte est devenue célèbre, mais elle ne doit pas être présentée comme une explication formellement confirmée par Beethoven lui-même. Cette formule est notamment liée à un témoignage attribué à Anton Schindler, premier biographe et secrétaire du compositeur, dont plusieurs récits ont été discutés par les historiens. Qu’elle soit prise au sens littéral ou comme une image rétrospective, l’association entre le motif et le destin a profondément marqué la réception de l’œuvre.

Une architecture musicale novatrice

La force de la Cinquième Symphonie ne repose pas uniquement sur son ouverture. Beethoven développe le motif initial, le transforme et le fait réapparaître sous diverses formes, créant une remarquable unité entre les épisodes. L’œuvre suit quatre mouvements et oppose notamment l’obscurité tendue de l’ut mineur à l’éclat de l’ut majeur qui domine le finale. La transition entre le troisième mouvement et le quatrième s’effectue sans interruption, ce qui renforce l’impression d’un mouvement dramatique continu. Dans le finale, Beethoven élargit également les couleurs de l’orchestre par l’emploi du piccolo, du contrebasson et des trombones, instruments qui contribuent à la puissance sonore de la conclusion.

De la création au répertoire universel

La première audition s’est déroulée dans des conditions difficiles, au terme d’un programme très long et d’une préparation insuffisante, si bien que la symphonie n’a pas été immédiatement accueillie comme un chef-d’œuvre unanimement reconnu. Sa réputation s’est imposée progressivement au cours du XIXe siècle, à mesure que les interprètes et les auditeurs ont reconnu la cohérence de sa construction et l’intensité de son expression. La surdité de Beethoven donne à cette réception une dimension particulièrement poignante : le compositeur a continué à écrire une musique destinée à l’orchestre alors qu’il ne pouvait plus entendre sa propre œuvre. La Cinquième Symphonie est ainsi devenue à la fois une réalisation majeure de Beethoven et une référence durable pour la compréhension de la musique symphonique.

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