Quel compositeur a écrit la suite orchestrale Le Carnaval des animaux ?
La réponse
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Composée en 1886 par Camille Saint-Saëns, Le Carnaval des animaux est une œuvre humoristique qui occupe une place singulière dans son catalogue. Souvent présentée comme une suite orchestrale, elle a été conçue pour une formation instrumentale de chambre réunissant notamment deux pianos, des cordes, une flûte, une clarinette, un xylophone et un glass harmonica. Sa fantaisie, son sens de la caricature et la variété de ses timbres en ont fait l’une des partitions classiques les plus immédiatement reconnaissables.
Une composition pour un concert privé
Saint-Saëns écrit la suite à l’occasion d’un concert privé organisé pour le Mardi gras par le violoncelliste Charles Lebouc. La première exécution a lieu en 1886 dans ce cadre amical et festif. L’œuvre ne correspond pas au ton solennel associé à une partie de la production du compositeur : elle repose au contraire sur l’humour, les contrastes et le plaisir du jeu musical. Saint-Saëns y détourne aussi bien les conventions de la musique descriptive que certains gestes virtuoses, en attribuant à chaque épisode une couleur et un caractère particuliers. La partition est composée de quatorze mouvements, de durées généralement brèves, qui s’enchaînent comme les tableaux d’un défilé imaginaire.
Un bestiaire musical
Le lion ouvre la suite avec une marche majestueuse, tandis que les poules et les coqs sont évoqués par des motifs courts et nerveux. Les hémiones, animaux rapides, donnent lieu à un mouvement dominé par la vélocité des pianos. Saint-Saëns oppose ensuite la lenteur comique des tortues à l’agilité des kangourous et utilise le registre grave de la contrebasse pour représenter l’éléphant. L’Aquarium se distingue par une atmosphère plus mystérieuse, créée par le mélange des pianos et des instruments à cordes, auquel participait à l’origine le glass harmonica. D’autres mouvements mettent en scène le coucou, la volière, les fossiles ou encore les pianistes, que le compositeur traite eux-mêmes comme des animaux observés avec ironie. Cette succession explique le caractère à la fois accessible et inventif de l’œuvre.
Le succès particulier du Cygne
Le Cygne est le mouvement le plus célèbre de la suite. Un violoncelle y déroule une longue ligne mélodique, soutenue par les arpèges des deux pianos, pour suggérer la fluidité et la grâce de l’animal. Contrairement à l’ensemble de la partition, qui n’était pas destiné à être publié du vivant de Saint-Saëns, ce mouvement a rapidement circulé dans une version pour violoncelle et piano. La suite complète n’a été publiée qu’après la mort du compositeur, en 1922. Elle a ensuite gagné une large audience dans les salles de concert, les enregistrements et les programmes de découverte de la musique classique, tandis que la mélodie du Cygne est devenue l’un des thèmes les plus populaires de Saint-Saëns.
