Révolution française

Quel club politique, dirigé par Robespierre, joua un rôle majeur pendant la Terreur ?

La réponse

Le Club des Jacobins, dirigé notamment par Robespierre.

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Né dans le bouillonnement politique de 1789, le Club des Jacobins devint l’un des principaux centres de discussion, d’influence et de mobilisation de la Révolution française. D’abord société de députés attachés à la défense de la Constitution, il se transforma progressivement en un vaste réseau de sociétés affiliées et en un foyer de radicalisation politique. Maximilien Robespierre y acquit une influence déterminante, surtout entre 1792 et 1794, période durant laquelle la Révolution affronta la guerre extérieure, les insurrections intérieures et la crise de la Terreur.

Des députés bretons au réseau jacobin

La société apparut d’abord à Versailles, autour de députés originaires de Bretagne, qui se réunissaient au sein du Club breton. Après le transfert de l’Assemblée à Paris, à l’automne 1789, elle s’installa dans l’ancien couvent des Jacobins, rue Saint-Honoré. Elle prit alors le nom de Société des amis de la Constitution, même si l’appellation de Jacobins s’imposa rapidement dans l’usage. À ses débuts, le club discutait principalement de l’organisation des pouvoirs et des textes constitutionnels. Il accueillit ensuite des membres qui n’étaient pas députés et développa des sociétés affiliées dans de nombreuses villes. Grâce à sa correspondance et à ces relais locaux, il contribua à faire circuler les mots d’ordre et les débats révolutionnaires dans le pays.

Robespierre, figure centrale du club

Député du tiers état pour l’Artois en 1789, Robespierre rejoignit rapidement cette société. Son éloquence, sa défense de la souveraineté populaire et son refus des compromis avec les adversaires de la Révolution lui assurèrent une audience croissante. La scission provoquée par la fusillade du Champ-de-Mars, en juillet 1791, renforça encore la radicalisation du club : les partisans d’une monarchie constitutionnelle modérée partirent former le club des Feuillants, tandis que les Jacobins conservèrent une orientation plus démocratique et plus combative. En 1792 et 1793, Robespierre devint l’une des principales figures de la mouvance jacobine et montagnarde. Ces deux ensembles ne se confondaient toutefois pas : la Montagne désignait avant tout un groupe parlementaire de la Convention, tandis que le Club des Jacobins était une société politique.

Le rôle des Jacobins pendant la Terreur

Après la chute de la monarchie, le 10 août 1792, puis la proclamation de la République, les Jacobins soutinrent les mesures destinées à défendre la Révolution contre les armées étrangères et les révoltes intérieures. En 1793, leur influence s’exerça notamment dans l’affrontement entre la Montagne et les Girondins. La mise à l’écart de plusieurs députés girondins au mois de juin permit aux Montagnards de dominer davantage la Convention. Le gouvernement révolutionnaire se structura ensuite autour de la Convention, du Comité de salut public, du Comité de sûreté générale et d’autres institutions d’exception. Robespierre entra au Comité de salut public le 27 juillet 1793 et devint l’un de ses membres les plus influents. Le Club des Jacobins ne dirigeait pas directement l’ensemble de cet appareil d’État, mais il servait de tribune et de relais politique : il soutenait les autorités révolutionnaires, défendait certaines mesures d’exception et intervenait dans les débats sur la répression des ennemis présumés de la République. La Terreur fut ainsi menée par plusieurs institutions et acteurs, et non par le seul club.

La chute de Robespierre et la fermeture

Au printemps et à l’été 1794, les luttes entre révolutionnaires, les procès politiques et la concentration du pouvoir contribuèrent à isoler Robespierre. Le 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, la Convention se retourna contre lui : il fut arrêté après l’échec de son intervention et exécuté le lendemain, avec plusieurs de ses proches. Cette chute ouvrit la réaction thermidorienne, qui démantela progressivement les dispositifs de la Terreur et s’attaqua à l’influence jacobine. La Convention ordonna finalement la fermeture du Club des Jacobins le 12 novembre 1794. Son rôle pendant la Terreur fut donc majeur comme lieu d’élaboration, de diffusion et de soutien des positions révolutionnaires, mais il ne doit pas être confondu avec l’unique organe qui aurait exercé le pouvoir répressif.

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