Révolution française

Quel club politique, dirigé par Robespierre, devint le principal acteur de la Terreur en 1793-1794 ?

La réponse

Le Club des Jacobins, dont les membres siégèrent au couvent du même nom.

En savoir plus

Le Club des Jacobins fut l’un des principaux centres de la vie politique révolutionnaire et le club dirigé par Robespierre qui joua le rôle le plus visible dans la Terreur de 1793-1794. Son influence ne reposait pas seulement sur les réunions parisiennes : elle s’étendait grâce à un réseau de sociétés affiliées dans les départements. Toutefois, il convient de distinguer le club lui-même des institutions qui votèrent les lois et organisèrent concrètement la répression, notamment la Convention nationale, le Comité de salut public et le Tribunal révolutionnaire.

Une société née au début de la Révolution

La société fut fondée en 1789 par des députés réunis aux États généraux, d’abord sous le nom de Société des amis de la Constitution. Après le transfert de l’Assemblée à Paris, elle s’installa dans l’ancien couvent des Jacobins, rue Saint-Honoré. Le terme « Jacobins » désignait alors les Dominicains, dont le couvent accueillait les réunions de la société. Ce nom finit par remplacer son appellation officielle dans l’usage courant. À ses débuts, le club rassemblait des révolutionnaires favorables à une transformation constitutionnelle du royaume ; il ne constituait donc pas encore le mouvement radical qu’il deviendrait par la suite.

La radicalisation et l’ascension de Robespierre

Le club évolua au rythme des crises révolutionnaires. La fuite de Varennes en 1791, la chute de la monarchie le 10 août 1792 et la guerre contre les monarchies européennes renforcèrent les positions les plus intransigeantes. Une partie des membres modérés quitta alors la société, tandis que les Jacobins devinrent un foyer majeur du républicanisme et de la défense de la souveraineté populaire. Maximilien Robespierre s’y imposa progressivement comme la figure la plus influente. Il y défendait une conception exigeante de la vertu civique et considérait que la République devait se protéger contre ses ennemis intérieurs comme extérieurs. Son autorité au club contribua à faire des Jacobins un centre de mobilisation politique et de formation de l’opinion révolutionnaire.

Le club et le gouvernement révolutionnaire

En 1793 et 1794, les Jacobins soutinrent le gouvernement révolutionnaire mis en place dans un contexte de guerre, d’insurrections et de rivalités politiques. Robespierre devint l’un des membres les plus importants du Comité de salut public à partir de juillet 1793, mais il ne gouvernait pas seul et le Club des Jacobins ne détenait pas à lui seul le pouvoir d’État. La Convention nationale vota les principales mesures, tandis que les comités, les représentants en mission et les autorités locales les appliquaient. La loi du 10 mars 1793 créa le Tribunal révolutionnaire, puis la loi des suspects du 17 septembre élargit les possibilités d’arrestation des personnes considérées comme hostiles à la Révolution. Ces mesures contribuèrent à l’institutionnalisation de la Terreur ; le club les défendit, les popularisa et contribua à maintenir la pression politique en faveur de la fermeté. Il fut ainsi un acteur central de la Terreur, sans en être l’unique organe administratif ou judiciaire.

La chute de Robespierre et la fermeture du club

La crise du printemps et de l’été 1794 fragilisa l’influence de Robespierre, dont les adversaires à la Convention redoutaient la puissance et la politique de répression. Le 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, il fut renversé et arrêté avec ses principaux soutiens. Déclaré hors la loi, il fut guillotiné le lendemain sans procès régulier. Cette chute mit fin à la prépondérance politique des Jacobins. La Convention ferma finalement leur club parisien en novembre 1794, tandis que le réseau des sociétés jacobines disparut progressivement. Le Club des Jacobins reste ainsi associé à la radicalisation de la Révolution et à la Terreur, même si celle-ci fut menée par plusieurs institutions et acteurs, et non par le seul club.

CultureG.org