Histoire de l'aviation

Quel avion a atteint la plus haute altitude avec un appareil motorisé ?

La réponse

L’avion ayant atteint la plus haute altitude est le North American X-15, un avion-fusée expérimental américain. Le 22 août 1963, il a atteint 107 960 mètres, soit environ 108 kilomètres. Cela dépasse le seuil de 50 miles (environ 80,5 kilomètres) utilisé par la NASA et les États-Unis pour reconnaître un vol spatial ; la limite internationale souvent retenue est toutefois la ligne de Kármán, à 100 kilomètres.

En savoir plus

Le North American X-15 est l’appareil motorisé qui a atteint l’altitude la plus élevée dans l’histoire de l’aviation. Cet avion-fusée expérimental américain a culminé à 107 960 mètres, soit près de 108 kilomètres, lors d’un vol réalisé le 22 août 1963. Conçu pour explorer les limites du vol atmosphérique à très grande vitesse et à très haute altitude, le X-15 se situe à la frontière entre l’avion et le véhicule spatial suborbital.

Un avion propulsé par un moteur-fusée

Le X-15 possédait une forme d’avion, avec des ailes et des gouvernes, mais sa propulsion principale reposait sur un moteur-fusée à ergols liquides. Il n’était pas capable de décoller seul depuis une piste : il était emporté sous un bombardier B-52, puis largué en altitude. Après sa séparation, son moteur-fusée lui permettait d’accélérer rapidement et de suivre une trajectoire ascendante avant de redescendre dans l’atmosphère. Cette méthode de lancement et cette propulsion le distinguent des avions à réaction classiques, dont les performances diminuent fortement lorsque l’air devient trop raréfié.

Le record du 22 août 1963

Le record a été établi par le pilote Joseph A. Walker aux commandes du X-15. L’appareil a atteint exactement 107 960 mètres, altitude qui demeure la référence lorsqu’il est question du plus haut vol réalisé par un avion motorisé piloté. Le X-15 a donc franchi très largement les altitudes atteintes par les avions conventionnels, tout en effectuant un vol suborbital plutôt qu’une mise en orbite autour de la Terre. Sa trajectoire et son objectif relevaient de l’expérimentation : il s’agissait de recueillir des données sur le comportement d’un appareil lancé à des vitesses et à des altitudes extrêmes.

Deux définitions de la frontière spatiale

Le statut de ce vol est parfois présenté différemment selon la convention utilisée. Aux États-Unis, la NASA et les autorités américaines retiennent le seuil de 50 miles, soit environ 80,5 kilomètres, pour reconnaître un vol spatial. Avec 107 960 mètres, le X-15 a largement dépassé cette limite. La Fédération aéronautique internationale utilise toutefois souvent la ligne de Kármán, fixée à 100 kilomètres, comme limite conventionnelle de l’espace. Le record du X-15 dépasse également cette altitude de référence, même si les définitions de l’espace peuvent varier selon les organismes.

Une étape majeure de l’aviation expérimentale

Les vols du X-15 ont fourni des informations précieuses sur le vol hypersonique, l’échauffement provoqué par les frottements atmosphériques, la stabilité d’un appareil à très grande vitesse et les techniques de pilotage dans une atmosphère extrêmement ténue. Le programme a ainsi contribué à rapprocher les méthodes de l’aéronautique expérimentale de celles de l’astronautique. Malgré son apparence d’avion, le X-15 était donc avant tout un laboratoire volant destiné à étudier les conditions rencontrées aux confins de l’atmosphère. Son record de 107 960 mètres explique pourquoi il est généralement considéré comme l’avion motorisé ayant atteint la plus haute altitude.

CultureG.org