Animaux du monde

Quel animal, surnommé 'l'ours des mers', est en réalité un mammifère marin herbivore ?

La réponse

Le dugong.

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Le dugong est le mammifère marin herbivore surnommé « l’ours des mers ». Malgré cette appellation évocatrice, il n’a aucun lien de parenté avec les ours : il appartient à l’ordre des siréniens, qui comprend également les lamantins. Son allure trapue, son museau arrondi et sa vie dans les eaux côtières ont probablement contribué à cette comparaison, mais son mode de vie est entièrement lié aux herbiers marins des régions tropicales et subtropicales de l’Indo-Pacifique.

Un spécialiste des herbiers marins

Le dugong se nourrit principalement de plantes marines, en particulier de phanérogames qui forment les herbiers sous-marins. Il broute ces végétaux dans des eaux généralement peu profondes, à l’aide de lèvres épaisses et mobiles adaptées à la recherche de nourriture sur les fonds sableux ou vaseux. Cette alimentation distingue le dugong de nombreux autres mammifères marins, dont le régime est souvent composé de poissons, de crustacés ou d’autres animaux. En se nourrissant dans les herbiers, il participe aussi au fonctionnement de ces écosystèmes, qui servent de refuge et de zone d’alimentation à de nombreuses espèces.

Le seul représentant vivant de son groupe

Le nom scientifique du dugong est Dugong dugon. Il est le seul représentant vivant de la famille des Dugongidae et l’unique espèce actuelle du genre Dugong. Comme les lamantins, il respire de l’air et doit remonter régulièrement à la surface, mais il est parfaitement adapté à la vie marine. Sa queue fourchue rappelle celle des cétacés, tandis que ses membres antérieurs ont évolué en nageoires. Il fréquente les eaux côtières chaudes de l’océan Indien et du Pacifique occidental, là où les conditions permettent la croissance des herbiers dont il dépend.

Une reproduction particulièrement lente

Les dugongs peuvent être observés seuls, en couple ou en groupes dont la taille varie selon les ressources disponibles. Les femelles donnent généralement naissance à un seul petit après une gestation d’environ treize mois. Le jeune reste longtemps dépendant de sa mère et se nourrit d’abord de son lait avant de compléter progressivement son alimentation avec des végétaux marins. Les femelles ne se reproduisent donc pas à un rythme rapide : plusieurs années peuvent séparer deux naissances. Cette reproduction lente limite la capacité de l’espèce à reconstituer ses effectifs après une forte diminution.

Un animal dépendant de la santé des côtes

La survie du dugong est étroitement liée à celle des herbiers marins. Leur disparition ou leur dégradation, provoquée notamment par l’aménagement du littoral, la pollution, la turbidité de l’eau, certains engins de pêche ou les tempêtes, réduit directement ses ressources alimentaires. Des dugongs peuvent également être victimes de captures accidentelles dans les filets, de collisions avec des embarcations ou de la chasse dans certaines régions. L’espèce est classée comme vulnérable sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Protéger le dugong implique donc de préserver les habitats côtiers où il se nourrit, se déplace et se reproduit.

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