Mythologies du monde

Quel animal sacré est notamment associé à la déesse égyptienne Bastet ?

La réponse

Le chat est notamment associé à Bastet, déesse de la joie et de la protection, souvent représentée sous forme de chat ou avec une tête de chat. Selon des auteurs antiques, tuer un chat, même accidentellement, pouvait entraîner la peine de mort dans l’Égypte ancienne.

En savoir plus

Dans la mythologie égyptienne, le chat est l’animal le plus étroitement associé à Bastet. Déesse de la joie et de la protection, Bastet est souvent représentée sous la forme d’un chat ou comme une femme dotée d’une tête de chat. Cette association a contribué à donner au félin une place particulière dans la religion de l’Égypte ancienne, même si le rapport entre les Égyptiens et les chats ne se résume pas à une simple adoration de l’animal.

Une déesse protectrice

Bastet est notamment liée à la protection du foyer et à une forme de bienveillance divine. Son image féline pouvait évoquer à la fois la douceur d’un animal familier et sa capacité à défendre son territoire. Dans les représentations et les objets votifs, elle apparaît parfois comme un chat assis, parfois comme une femme à tête de chat. Cette iconographie la distingue d’autres divinités égyptiennes à caractère félin, notamment Sekhmet, plus fortement associée à la puissance guerrière et destructrice de la lionne. Les fonctions des déesses félines pouvaient toutefois se rapprocher ou évoluer selon les époques et les lieux de culte.

Le culte de Bastet à Bubastis

Le principal centre du culte de Bastet se trouvait à Bubastis, dans le delta du Nil. La ville était consacrée à la déesse et accueillait des cérémonies en son honneur. L’auteur grec Hérodote, qui visita l’Égypte, décrit une grande fête de Bubastis marquée par des déplacements en bateau, de la musique et des réjouissances. Ce témoignage antique contribue à expliquer pourquoi Bastet est souvent associée à la joie, aux célébrations et à la protection. Les statuettes et amulettes représentant la déesse ou le chat pouvaient être déposées comme offrandes dans les sanctuaires, témoignant de la ferveur des fidèles.

Des chats vénérés et momifiés

L’importance religieuse du chat se manifeste aussi par la découverte de nombreuses momies de chats et de figurines félines dans des contextes cultuels et funéraires. Ces animaux pouvaient être offerts aux divinités, en particulier dans le cadre du culte de Bastet. Il faut cependant éviter d’en déduire que chaque chat vivant était considéré comme une incarnation directe de la déesse ou que tous bénéficiaient exactement du même statut. Dans la religion égyptienne, les animaux pouvaient être associés à une divinité, servir d’offrandes ou recevoir un traitement particulier sans être confondus avec le dieu lui-même.

Une protection rapportée par les auteurs antiques

La place exceptionnelle du chat est également illustrée par des récits d’auteurs antiques. Selon certains d’entre eux, tuer un chat, même accidentellement, pouvait entraîner la peine de mort dans l’Égypte ancienne. Diodore de Sicile rapporte notamment la réaction extrêmement violente d’une foule après la mort d’un chat. Ces témoignages doivent être présentés comme des récits antiques plutôt que comme une description exhaustive du droit égyptien, car ils ne suffisent pas à établir le fonctionnement quotidien de la justice dans tout le pays. Ils montrent néanmoins l’impression profonde que la protection religieuse du chat produisait sur les observateurs étrangers. Ainsi, dans l’imaginaire égyptien, le félin associé à Bastet réunissait la familiarité, la vigilance et la puissance protectrice.

CultureG.org