Quel animal possède des mâchoires très flexibles lui permettant d’avaler des proies plus grosses que sa tête ?
La réponse
En savoir plus
Le serpent est l’un des rares vertébrés capables d’avaler des proies dont le diamètre dépasse largement celui de sa tête. Cette prouesse ne repose pas sur une véritable dislocation des mâchoires, comme on le dit parfois, mais sur l’organisation très particulière de son crâne. Plusieurs os y sont reliés de manière mobile, tandis que les tissus qui entourent la bouche et le cou peuvent s’étirer pour accompagner l’ingestion.
Un crâne particulièrement mobile
Chez les serpents, les os du crâne sont moins solidement immobilisés que chez la plupart des mammifères. L’os carré, qui relie le crâne à la mandibule, contribue notamment à augmenter l’amplitude des mouvements de la bouche. Les deux parties de la mâchoire inférieure ne sont pas soudées à l’avant : elles sont réunies par un ligament élastique et peuvent donc s’écarter l’une de l’autre. La mâchoire supérieure possède elle aussi des éléments capables de bouger les uns par rapport aux autres. Cette combinaison forme un ensemble appelé crâne cinétique, qui permet au serpent d’adapter progressivement l’ouverture de sa bouche au volume de la proie.
Une progression de chaque côté de la bouche
Le serpent ne remet pas ses mâchoires en place après les avoir prétendument déboîtées, car elles ne se déboîtent pas. Il saisit plutôt sa proie avec ses nombreuses dents, généralement orientées vers l’arrière, puis avance alternativement les deux côtés de sa mâchoire. Ce mouvement ressemble à une progression par petits pas : un côté maintient la proie pendant que l’autre avance, puis les rôles s’inversent. La peau extensible autour de la bouche et du cou accompagne cette ouverture et permet à l’animal d’engloutir sa nourriture entière, sans la mâcher ni la découper.
Une capacité variable selon les espèces
Tous les serpents ne peuvent pas avaler des proies de la même taille. La souplesse du crâne, la longueur du corps et la musculature varient selon les espèces et selon l’âge de chaque individu. Les grands pythons, les boas et certains autres serpents de grande taille peuvent ainsi consommer des mammifères ou des oiseaux beaucoup plus volumineux qu’un repas habituel d’un petit serpent. Il est donc inexact d’affirmer que tous les serpents avalent systématiquement des proies deux fois plus grosses que leur tête : la taille maximale dépend de l’animal, de la proie et de sa forme.
Avaler sans cesser de respirer
L’ingestion peut durer un certain temps, surtout lorsque la proie est volumineuse. Pour éviter que cette opération ne bloque complètement la respiration, l’ouverture respiratoire du serpent, appelée glotte, peut se déplacer vers l’avant de la bouche pendant l’avalement. Une fois le repas terminé, la digestion mobilise fortement son organisme, et l’animal reste souvent au repos avant de chasser à nouveau. La mobilité du crâne constitue donc une adaptation essentielle à son mode d’alimentation, mais elle ne rend pas le serpent capable d’absorber n’importe quelle proie : ses limites anatomiques et physiologiques restent bien réelles.
