Questions de culture générale pour adultes

Quel a été le premier roman de science-fiction publié en 1818 ?

La réponse

Le premier roman de science-fiction est Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, publié en 1818. Cette œuvre a exploré des thèmes comme la création artificielle de la vie et les limites de la science, influençant profondément la littérature et la culture populaire.

En savoir plus

Publié en 1818, Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley, est généralement considéré comme le premier roman de science-fiction. L’œuvre raconte l’expérience de Victor Frankenstein, un jeune savant qui parvient à donner vie à une créature artificielle. En imaginant les conséquences humaines et morales d’une telle découverte, Mary Shelley dépasse le simple récit fantastique : elle interroge les limites de la connaissance, la responsabilité du créateur et les dangers d’une ambition scientifique sans mesure.

Un roman né dans le contexte du romantisme

L’idée de Frankenstein prend forme en 1816, lors d’un séjour en Suisse près du lac Léman. Mary Shelley, alors Mary Godwin, se trouve avec le poète Percy Bysshe Shelley, qui deviendra son mari, ainsi qu’avec Lord Byron et d’autres membres de leur entourage. Les discussions consacrées aux récits fantastiques, aux phénomènes surnaturels et aux découvertes scientifiques de leur époque nourrissent son imagination. Les expériences liées à l’électricité et au galvanisme, qui semblaient pouvoir agir sur les muscles et les corps, contribuent notamment au climat intellectuel dans lequel le roman est conçu. Mary Shelley transforme ces préoccupations en une histoire centrée sur la création artificielle de la vie.

Une publication d’abord anonyme

La première édition paraît à Londres en janvier 1818 sous le titre Frankenstein; or, The Modern Prometheus. Le nom de Mary Shelley n’y figure pas : le livre est publié anonymement et comporte une préface écrite par Percy Bysshe Shelley. Cette absence a longtemps favorisé des spéculations sur l’identité de l’auteur, même si Mary Shelley est rapidement reconnue comme la véritable autrice. Le sous-titre renvoie à Prométhée, figure mythologique associée au feu et à la transgression, ce qui souligne le parallèle entre le héros antique et Victor Frankenstein, tous deux liés à une connaissance arrachée aux limites ordinaires de la condition humaine.

Une narration à plusieurs voix

Le roman se distingue également par sa construction narrative. Il commence par les lettres de Robert Walton, un explorateur engagé dans une expédition vers les régions polaires. Walton recueille le récit de Victor Frankenstein, qu’il rencontre dans des circonstances dramatiques, puis Victor rapporte à son tour les paroles et l’histoire de sa créature. Cette succession de récits permet de présenter plusieurs points de vue sur les mêmes événements. La créature n’est pas un personnage dépourvu de langage ou de pensée : elle décrit son apprentissage, sa solitude, son rejet par les hommes et son désir d’être acceptée. Sa parole donne au roman une dimension morale et psychologique qui dépasse le cadre de l’épouvante.

La science face à la responsabilité

Le cœur de Frankenstein ne réside pas uniquement dans la fabrication d’un être vivant, mais dans les conséquences de l’abandon et de l’irresponsabilité. Victor cherche à repousser les frontières du savoir, mais il refuse ensuite d’assumer pleinement les effets de son expérience. La créature, d’abord désireuse de comprendre le monde et d’établir un lien avec autrui, est progressivement conduite à la violence par le rejet et la solitude. Cette évolution rend impossible une lecture simpliste opposant un savant innocent à un monstre naturellement mauvais. Le roman explore ainsi la création artificielle de la vie, les limites de la science et la responsabilité qui accompagne tout pouvoir nouveau.

Une influence durable

Depuis sa publication, Frankenstein a profondément marqué la littérature et la culture populaire. Le roman a inspiré de nombreuses adaptations au théâtre, au cinéma et dans les arts visuels, parfois au prix d’une simplification de son intrigue ou de ses personnages. L’image populaire du monstre, souvent représenté comme un être muet portant les traits de son créateur, diffère d’ailleurs de la créature décrite par Mary Shelley, qui parle, raisonne et exprime une profonde souffrance. Cette postérité confirme la force d’une œuvre qui associe les codes du roman gothique à une réflexion précoce sur les effets de la science et sur les devoirs du créateur.

CultureG.org