Mystères historiques

Que sait-on des raisons de l’abandon de Machu Picchu ?

La réponse

La citadelle, construite au XVe siècle, semble avoir été délaissée au XVIe siècle, dans le contexte de la conquête espagnole et de l’effondrement de l’État inca, mais la cause exacte demeure inconnue. Une épidémie, notamment la variole, a parfois été évoquée ; les Espagnols ne semblent toutefois pas avoir occupé ni détruit Machu Picchu. Le site fut rendu célèbre en 1911 par Hiram Bingham, bien qu’il fût déjà connu des populations locales.

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Machu Picchu, construite au XVe siècle dans les Andes péruviennes, ne semble pas avoir été abandonnée à la suite d’un événement unique clairement identifié. Le site paraît avoir été progressivement délaissé au XVIe siècle, à une période qui correspond à la conquête espagnole et à l’effondrement de l’État inca. Cette simultanéité fournit un contexte historique solide, mais elle ne suffit pas à établir une cause précise. Les données archéologiques et les sources historiques ne permettent pas aujourd’hui de reconstituer avec certitude les dernières années d’occupation de la citadelle.

La rupture du pouvoir inca

La conquête espagnole a profondément bouleversé l’organisation politique, économique et religieuse de la région. La disparition de l’État inca a vraisemblablement fragilisé les institutions qui assuraient l’occupation et l’entretien de nombreux sites liés au pouvoir impérial. Dans ce contexte, le délaissement de Machu Picchu peut être compris comme l’une des conséquences de l’effondrement du système auquel la citadelle était rattachée. Il faut toutefois éviter d’en faire une certitude exclusive : le site n’a pas été décrit comme le théâtre d’une bataille décisive, et les Espagnols ne semblent pas l’avoir occupé ni méthodiquement détruit. L’abandon paraît donc davantage lié à une rupture politique et sociale qu’à une destruction militaire directe.

L’hypothèse d’une épidémie

Une autre explication souvent avancée est celle d’une épidémie, notamment de variole. Les maladies introduites en Amérique au moment des premiers contacts avec les Européens ont provoqué de lourdes pertes parmi les populations autochtones et ont pu atteindre les régions andines avant ou pendant la conquête. Une forte diminution de la population aurait pu rendre plus difficile le maintien des activités nécessaires à l’occupation du site. Cependant, cette hypothèse n’est pas démontrée pour Machu Picchu lui-même. Les sources disponibles ne permettent pas d’identifier une épidémie précise comme la cause directe du départ des habitants, et l’existence générale de maladies dans la région ne suffit pas à établir un lien causal avec l’abandon de la citadelle.

Une cause qui reste indéterminée

D’autres facteurs ont parfois été proposés, comme des difficultés économiques, des changements dans l’organisation du territoire ou la perte de fonction de certains espaces liés au pouvoir inca. Ces pistes peuvent aider à comprendre pourquoi un site monumental a cessé d’être utilisé, mais elles ne doivent pas être présentées comme des faits établis. Rien ne permet notamment d’affirmer avec certitude que Machu Picchu aurait été entièrement désertée avant l’arrivée des Espagnols, ni d’attribuer son abandon à une catastrophe naturelle ou à une transformation religieuse précise. Le scénario le plus prudent est celui d’un délaissement intervenu au XVIe siècle, dans un ensemble de bouleversements dont l’importance respective demeure inconnue.

Un site oublié des Européens, pas des habitants

L’absence de récit espagnol consacré à une prise ou à une destruction de Machu Picchu a longtemps contribué à son image de citadelle cachée. Le site n’était pourtant pas inconnu des populations locales. Il fut rendu célèbre à l’échelle internationale en 1911 par l’explorateur américain Hiram Bingham, sans que cette médiatisation constitue une véritable découverte au sens où les habitants de la région en avaient déjà connaissance. Cet épisode éclaire la redécouverte moderne du monument, mais ne résout pas le mystère de son abandon : celui-ci demeure lié, avec un degré de certitude variable, à la crise de l’État inca et peut-être aux épidémies qui accompagnèrent la conquête.

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