Quand le Vatican est-il devenu un État indépendant ?
La réponse
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Le Vatican est devenu un État indépendant le 11 février 1929, lorsque le Saint-Siège et l’Italie ont signé les accords du Latran. Cet événement a mis fin à plusieurs décennies de conflit concernant le statut de Rome et l’autorité du pape. Il a établi la souveraineté pontificale sur un territoire de 44 hectares situé au cœur de la capitale italienne et a donné naissance à l’État de la Cité du Vatican sous sa forme actuelle.
La fin des États pontificaux
Avant 1870, le pape exerçait à la fois une autorité spirituelle sur l’Église catholique et un pouvoir temporel sur les États pontificaux, un ensemble de territoires du centre de la péninsule italienne. Dans le contexte de l’unification de l’Italie, les troupes italiennes entrèrent dans Rome en septembre 1870. La ville fut ensuite intégrée au royaume d’Italie, dont elle devint la capitale, tandis que les États pontificaux disparaissaient. Le pape conserva son rôle de chef de l’Église catholique, mais il perdit le territoire sur lequel s’exerçait son pouvoir temporel.
La question romaine
Cette situation provoqua la « question romaine », un conflit durable entre le royaume d’Italie et le Saint-Siège. Le pape Pie IX refusa de considérer la prise de Rome comme un règlement acceptable et se déclara privé de sa liberté dans ses palais du Vatican. Ses successeurs maintinrent cette position pendant plusieurs décennies. Le Saint-Siège continuait toutefois d’exister comme autorité centrale de l’Église catholique et comme interlocuteur dans les relations internationales. Il fallait donc trouver une solution qui garantisse l’indépendance du pape sans restaurer les anciens États pontificaux.
Les accords du Latran
Des négociations engagées dans les années 1920 aboutirent, sous le pontificat de Pie XI et le gouvernement de Benito Mussolini, à la signature des accords du Latran le 11 février 1929. Cet ensemble comprenait trois instruments distincts : un traité, un concordat et une convention financière. Le traité reconnaissait la souveraineté du Saint-Siège sur la Cité du Vatican et réglait son statut territorial. Le concordat définissait les relations entre l’Église catholique et l’Italie, tandis que la convention financière prévoyait un règlement des conséquences matérielles liées à la disparition des États pontificaux.
Un État distinct du Saint-Siège
La signature du 11 février 1929 marque donc la naissance de l’État indépendant de la Cité du Vatican. Ce territoire, entièrement enclavé dans Rome, couvre 44 hectares. Le pape en est le souverain, et l’État garantit son indépendance territoriale dans l’exercice de sa mission. Il convient toutefois de distinguer le Vatican du Saint-Siège : le premier désigne l’entité territoriale et étatique, tandis que le second désigne l’autorité du pape et des institutions centrales de l’Église catholique. Les accords du Latran ont ainsi résolu la question romaine sans reconstituer les anciens États pontificaux.
Une fondation juridique durable
Les accords du Latran constituent le fondement juridique des relations entre l’Italie et le Saint-Siège. Ils ont mis fin à l’affrontement né de l’annexion de Rome et ont permis au pape de disposer à nouveau d’un territoire souverain, même très réduit. Le concordat a ensuite été révisé par un accord signé en 1984, afin d’adapter les relations entre l’Église et l’État italien. Cette révision ne correspond pas à de nouveaux « accords du Latran » : la date fondatrice de l’indépendance du Vatican demeure bien le 11 février 1929.
