Quand l'empereur Constantin a-t-il fondé Constantinople ?
La réponse
En savoir plus
L’empereur Constantin a fondé Constantinople en 330 apr. J.-C., sur le site de l’ancienne Byzance, une cité établie sur la rive européenne du Bosphore. La fondation ne correspond pas à la création soudaine d’une ville entièrement nouvelle : Constantin fait agrandir et transformer un centre urbain déjà existant pour en faire une résidence impériale et une capitale adaptée aux réalités de l’Empire romain de son époque. La cérémonie de 330 marque ainsi l’aboutissement politique d’un projet engagé quelques années plus tôt.
Le choix stratégique de Byzance
La position de Byzance explique en grande partie la décision de Constantin. Installée à proximité du Bosphore, la ville se trouve au point de passage entre l’Europe et l’Asie et commande les communications entre la mer Noire et la Méditerranée. Elle offre donc un emplacement favorable au commerce, au ravitaillement et aux déplacements militaires. Après sa victoire sur Licinius en 324, Constantin devient l’unique empereur de l’Empire romain. Il peut alors donner une nouvelle importance à cette cité orientale, plus proche de plusieurs régions essentielles de l’Empire que ne l’est Rome.
Une fondation préparée avant 330
L’année 330 est celle de l’inauguration solennelle de la nouvelle capitale, mais l’aménagement du site s’inscrit dans un processus plus long. Les travaux commencent après la prise de contrôle de l’Orient par Constantin et comprennent l’extension de la ville, l’édification de nouveaux remparts ainsi que la création ou la transformation de monuments publics. Le forum de Constantin, le palais impérial et l’hippodrome comptent parmi les éléments qui donnent à la cité une dimension véritablement impériale. Des constructions ultérieures poursuivent et amplifient cette politique urbaine, si bien que Constantinople ne prend pas immédiatement sa forme définitive en 330.
Une capitale impériale et chrétienne
La fondation de Constantinople s’inscrit aussi dans la transformation religieuse du règne de Constantin. L’empereur favorise le christianisme après l’accord conclu en 313 avec Licinius, mais il serait excessif de présenter la ville comme une cité qui aurait été conçue dès l’origine comme exclusivement chrétienne. La nouvelle capitale rassemble des traditions romaines, grecques et chrétiennes. Elle est parfois désignée comme une « Nouvelle Rome », signe de son ambition politique, tandis que son nom de Constantinople rappelle directement son fondateur. Rome ne disparaît pas pour autant : elle conserve une immense importance symbolique, politique et religieuse, mais l’empereur dispose désormais d’un autre centre majeur de pouvoir.
Le destin de Constantinople
Après la mort de Constantin en 337, ses successeurs continuent de développer la ville. Constantinople devient progressivement le principal siège impérial de la partie orientale de l’Empire romain et un centre majeur de l’administration, du commerce, de la culture et de la vie religieuse. Lorsque l’Empire romain d’Occident disparaît au Ve siècle, la cité demeure la capitale de l’Empire romain d’Orient, souvent appelé Empire byzantin par les historiens modernes. Elle conserve ce rôle pendant plus de mille ans, jusqu’à sa prise par les Ottomans en 1453. La fondation de 330 constitue donc un moment décisif : elle déplace durablement le centre de gravité du monde romain vers le Bosphore.
