Quand a été créé le croissant en France ?
La réponse
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Le croissant n’est pas né en France sous sa forme actuelle, même s’il est devenu l’un des emblèmes de la boulangerie française. Son histoire commence avec une spécialité autrichienne, le kipferl, dont la forme en croissant a inspiré les boulangers français. En France, l’apparition du croissant est située à Paris vers 1839-1840, dans le contexte de la Boulangerie viennoise d’August Zang. Sa transformation en viennoiserie feuilletée au beurre s’est ensuite poursuivie au cours du XIXe siècle.
Un modèle venu d’Autriche
Le kipferl autrichien constitue l’un des ancêtres du croissant. Cette pâtisserie, reconnaissable à sa forme courbe, a fourni un modèle aux viennoiseries qui allaient être introduites en France. Il ne faut toutefois pas confondre automatiquement le kipferl et le croissant moderne : l’inspiration porte notamment sur la forme et l’origine viennoise, tandis que la recette française s’est construite progressivement. Le croissant tel qu’on le connaît ne correspond donc pas à une invention française apparue d’un seul coup, mais à l’adaptation d’un modèle étranger par les professionnels de la boulangerie.
L’apparition à Paris vers 1839-1840
La présence du croissant en France est généralement rattachée à Paris vers 1839-1840. Cette période est notamment associée à la Boulangerie viennoise d’August Zang, qui a contribué à faire connaître à Paris des produits et des méthodes inspirés de la tradition boulangère viennoise. C’est dans ce cadre que le croissant apparaît en France de manière identifiable, bien plus tard que les récits légendaires qui le font remonter à la cour de Versailles. La date ne correspond pas à la naissance absolue de la forme en croissant, puisque celle-ci s’inspire du kipferl autrichien : elle désigne plutôt l’introduction et l’installation de cette viennoiserie dans le paysage parisien.
La place de Marie-Antoinette dans le récit
Une tradition populaire attribue l’introduction du croissant en France à Marie-Antoinette, née archiduchesse d’Autriche et devenue reine de France. Cette histoire est séduisante parce qu’elle relie directement une spécialité autrichienne à la cour française. Elle relève cependant plutôt de la légende que d’un fait historiquement établi. Rien ne permet donc de retenir les années 1770 comme la date certaine de création du croissant en France. Le repère le plus solide demeure son apparition parisienne vers 1839-1840, associée à la Boulangerie viennoise d’August Zang.
La transformation en croissant français
Après son introduction à Paris, le croissant a encore évolué. Au cours du XIXe siècle, les boulangers français ont développé une version feuilletée au beurre, qui s’est progressivement distinguée du modèle autrichien dont elle était issue. Le travail de la pâte, l’incorporation du beurre et le pliage destiné à former les couches ont donné au produit sa texture légère, croustillante et irrégulièrement alvéolée. Cette évolution explique pourquoi le croissant est aujourd’hui associé à la tradition française : son origine immédiate est viennoise, mais sa forme culinaire moderne s’est élaborée en France au fil du XIXe siècle. On peut donc retenir une réponse en deux temps : le modèle vient du kipferl autrichien, tandis que le croissant apparaît à Paris vers 1839-1840 avant d’être perfectionné par les boulangers français.
