Énigmes célèbres

Qu'est-ce que le Sphinx de Gizeh ?

La réponse

Le Sphinx de Gizeh est une statue monumentale à corps de lion et tête humaine, généralement associée au pharaon Khéphren. Il ne posait pas l'énigme d'Œdipe : celle-ci appartient à la mythologie grecque et concerne le Sphinx de Thèbes.

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Le Sphinx de Gizeh est l’un des monuments les plus reconnaissables de l’Égypte ancienne. Sculpté dans le calcaire du plateau de Gizeh, il représente un être hybride, doté d’un corps de lion et d’une tête humaine portant la coiffe royale. Sa silhouette monumentale est souvent associée au pharaon Khéphren, souverain de l’Ancien Empire, dont la pyramide se trouve à proximité. Malgré son apparence énigmatique, ce Sphinx égyptien ne correspond pas au personnage qui pose l’énigme d’Œdipe dans la mythologie grecque.

Une sculpture monumentale de l’Ancien Empire

Le Sphinx a été taillé directement dans un affleurement de roche du plateau de Gizeh, plutôt que construit à partir de blocs assemblés. Sa réalisation est généralement située durant la IVe dynastie, à l’époque de l’Ancien Empire, et souvent rapprochée du règne de Khéphren. Cette attribution repose notamment sur la proximité du monument avec le complexe funéraire de ce pharaon, même si les spécialistes restent prudents sur les circonstances exactes de sa création. Le corps allongé du lion et le visage humain donnent à l’ensemble une apparence à la fois puissante et solennelle. Tourné vers l’est, le monument se trouve dans un espace associé aux grandes constructions royales de Gizeh, parmi lesquelles figurent les pyramides de Khéops, de Khéphren et de Mykérinos.

Le symbole d’un pouvoir royal

Dans l’art égyptien, le lion évoque la force, la domination et la protection. La tête humaine, quant à elle, renvoie à l’intelligence et à l’autorité du souverain. La combinaison de ces deux formes pouvait donc exprimer la puissance du pharaon et son rôle de protecteur de l’ordre établi. Le visage du Sphinx est généralement interprété comme celui de Khéphren, mais cette identification n’est pas absolument certaine. Il est préférable de parler d’une association traditionnelle avec ce roi plutôt que d’une attribution définitivement démontrée. Le monument témoigne en tout cas de la volonté des souverains de l’Ancien Empire de donner une forme durable à leur autorité et à leur lien avec le monde divin.

Un monument longtemps recouvert par le sable

Le Sphinx n’est pas resté constamment dégagé. Au fil des siècles, le sable a recouvert une partie importante de son corps, qui a dû être dégagée à plusieurs reprises. Une stèle placée entre ses pattes, connue sous le nom de stèle du Rêve, relate notamment le dégagement du monument sous le règne de Thoutmôsis IV, bien après sa création. La pierre a également subi les effets de l’érosion et des dégradations humaines, ce qui a rendu nécessaires de nombreuses interventions de conservation. Ces restaurations ne changent pas la nature du monument : il s’agit d’une sculpture rupestre de l’Ancien Empire, dont l’apparence actuelle est le résultat à la fois de sa conception ancienne, de son exposition et des travaux entrepris pour la préserver.

Le Sphinx de Gizeh et l’énigme d’Œdipe

La confusion entre le Sphinx de Gizeh et l’énigme d’Œdipe vient du fait que la mythologie grecque met elle aussi en scène un sphinx. Dans le récit thébain, cet être interroge les voyageurs et leur pose l’énigme de la créature qui marche à quatre pattes au matin, sur deux jambes à midi et avec trois appuis le soir. Œdipe résout cette énigme en répondant qu’il s’agit de l’être humain, qui se déplace à quatre pattes durant l’enfance, sur deux jambes à l’âge adulte et avec une canne dans la vieillesse. Cette histoire appartient au mythe grec du Sphinx de Thèbes, notamment associé à la légende d’Œdipe. Elle ne décrit pas la fonction du monument de Gizeh : aucune tradition égyptienne attestée ne présente celui-ci comme un gardien posant des énigmes aux voyageurs.

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