Révolution française

Qu'est-ce que la Terreur pendant la Révolution française ?

La réponse

La Terreur désigne une période de la Révolution française, de septembre 1793 à juillet 1794, marquée par une répression violente contre les ennemis supposés de la Révolution. Sous l'impulsion de Robespierre, des milliers de personnes ont été exécutées, souvent sans procès équitable, pour éviter toute contre-révolution.

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La Terreur désigne la phase la plus répressive de la Révolution française, généralement située entre septembre 1793 et juillet 1794. La République est alors menacée par les armées européennes, par des insurrections et par de profondes divisions politiques. Dans ce contexte, les dirigeants révolutionnaires mettent en place des mesures d’exception pour défendre le nouveau régime. Cette politique conduit à une surveillance accrue de la population, à l’arrestation de nombreux suspects et à des milliers d’exécutions, souvent au terme de procédures qui ne garantissent pas un procès équitable.

Un gouvernement révolutionnaire d’exception

Le 10 octobre 1793, la Convention nationale proclame que le gouvernement révolutionnaire restera en place « jusqu’à la paix ». Il ne s’agit pas d’un régime dirigé par une seule personne, mais d’un ensemble d’institutions qui concentrent temporairement les pouvoirs afin de mener la guerre et de combattre les oppositions. Le Comité de salut public joue un rôle majeur dans la conduite de la politique et de la défense nationale, tandis que le Comité de sûreté générale participe à la surveillance et à la police politique. Des représentants en mission sont également envoyés dans les départements pour appliquer les décisions de la Convention et réprimer les révoltes.

La surveillance et la répression

La loi des suspects, adoptée le 17 septembre 1793, permet d’arrêter des personnes considérées comme hostiles à la Révolution ou insuffisamment attachées à la République. La notion de « suspect » est suffisamment large pour toucher des royalistes, des opposants politiques, des prêtres réfractaires, des émigrés ou encore des personnes dénoncées localement. Le Tribunal révolutionnaire, créé en mars 1793, juge les affaires de trahison et de contre-révolution. Ses procédures deviennent particulièrement sévères en 1794, notamment après la loi du 22 prairial, qui limite les possibilités de défense et accélère les jugements. La guillotine devient le symbole de cette justice d’exception, mais la répression prend aussi d’autres formes, dans les prisons, les villes insurgées et les zones touchées par la guerre civile.

Une lutte contre les ennemis supposés de la République

La Terreur frappe des adversaires réels ou supposés de la Révolution, mais elle concerne aussi les rivalités au sein du camp révolutionnaire. Les Girondins sont éliminés politiquement en 1793, puis plusieurs groupes montagnards sont à leur tour poursuivis. Les Hébertistes, jugés trop radicaux, sont exécutés en mars 1794, tandis que les partisans de Danton, accusés de modérantisme, le sont le mois suivant. Ces purges montrent que la répression ne vise pas seulement les royalistes ou les insurgés : dans un climat de méfiance, une divergence politique peut être interprétée comme une trahison. Robespierre, membre du Comité de salut public à partir de juillet 1793 et figure centrale de la Montagne, soutient cette politique, sans en être l’unique responsable.

La chute de Robespierre

À l’été 1794, une partie des députés redoute que la répression ne se retourne contre elle. Le 27 juillet 1794, correspondant au 9 Thermidor an II, Robespierre est renversé et arrêté avec ses principaux soutiens. Il est exécuté le lendemain, sans procès, avec plusieurs de ses compagnons. Cet événement est généralement considéré comme la fin de la Terreur, même si les institutions et les pratiques répressives ne disparaissent pas instantanément. La période laisse le souvenir d’une République ayant voulu se protéger par la contrainte et la violence : des milliers de personnes ont été exécutées ou sont mortes dans les prisons, lors des combats ou dans le cadre de répressions menées au nom de la défense révolutionnaire.

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