Révolution française

Qu'appelle-t-on la Terreur pendant la Révolution française ?

La réponse

La Terreur désigne une période de la Révolution française, de septembre 1793 à juillet 1794, marquée par une répression violente contre les opposants au régime révolutionnaire. Sous l'impulsion de Robespierre et du Comité de salut public, des milliers de personnes sont jugées sommairement et exécutées, souvent pour des motifs politiques. Cette politique, justifiée par la défense de la République, a profondément divisé les révolutionnaires et terni l'image idéale de la Révolution.

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La Terreur désigne la période de la Révolution française généralement située entre septembre 1793 et juillet 1794. Elle correspond à la mise en place d’une répression exceptionnelle contre les personnes considérées comme hostiles à la République ou dangereuses pour son existence. Sous l’impulsion de Maximilien Robespierre et du Comité de salut public, des milliers de suspects furent arrêtés, jugés et exécutés, souvent pour des motifs politiques. La Terreur fut ainsi présentée par ses défenseurs comme un moyen de sauver la Révolution, mais elle provoqua de profondes divisions parmi les révolutionnaires et altéra durablement l’image de leur idéal politique.

Une République confrontée à de multiples menaces

En 1793, la République française est engagée dans une guerre contre plusieurs monarchies européennes et doit également faire face à des insurrections intérieures. La guerre de Vendée et les révoltes dites fédéralistes, notamment à Lyon, Bordeaux ou Marseille, nourrissent la crainte d’un effondrement du pouvoir révolutionnaire. À ces dangers s’ajoutent les difficultés économiques et les tensions sociales. Dans ce contexte, la Convention nationale et les Montagnards justifient des mesures d’exception par l’urgence de défendre la République. Le 5 septembre 1793, la formule la terreur à l’ordre du jour devient une expression politique emblématique de cette orientation, sans constituer à elle seule une définition juridique complète de la Terreur.

Un appareil de surveillance et de justice exceptionnelle

La répression repose sur plusieurs institutions. Créé en avril 1793, puis renforcé au cours de l’été, le Comité de salut public joue un rôle central dans la direction de la politique révolutionnaire. Le Comité de sûreté générale participe à la surveillance, tandis que les représentants en mission et les autorités locales mettent en œuvre les décisions de la Convention. La loi des suspects, adoptée le 17 septembre 1793, permet d’arrêter des personnes réputées hostiles à la Révolution selon des critères très larges. Le Tribunal révolutionnaire, créé au printemps 1793, juge les affaires politiques selon une procédure exceptionnelle. En juin 1794, la loi du 22 prairial accélère encore les procès et réduit les garanties accordées aux accusés. Des milliers de personnes sont condamnées à mort et exécutées, à Paris comme dans d’autres régions, principalement par guillotine, tandis que la répression prend aussi d’autres formes.

Une violence qui frappe aussi les révolutionnaires

La Terreur ne vise pas uniquement les royalistes ou les insurgés. Elle atteint également des révolutionnaires accusés de modérantisme, de fédéralisme ou de complot. Les hébertistes, qui réclament une politique plus radicale, sont arrêtés puis exécutés en mars 1794. Les partisans de Georges Danton, souvent qualifiés d’indulgents, subissent le même sort en avril. Robespierre joue un rôle important dans cette politique de défense du gouvernement révolutionnaire, mais la Terreur résulte de décisions prises par plusieurs institutions et groupes dirigeants, et non de l’action d’un seul homme. Ces purges successives divisent profondément le camp révolutionnaire et montrent que l’accusation d’ennemi de la République peut s’appliquer à des adversaires politiques très différents.

La fin de la Terreur

Le 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, Robespierre est renversé à la Convention nationale. Arrêté puis exécuté le lendemain avec plusieurs de ses proches, il devient le principal symbole de la Terreur dans la mémoire politique française. Cet épisode marque généralement la fin de la période, même si les violences et les détentions ne cessent pas immédiatement dans tout le pays. La réaction thermidorienne remet progressivement en cause les institutions et les pratiques de l’an II. La Terreur laisse un héritage contradictoire : elle a contribué, selon ses défenseurs, à préserver la République dans une situation de guerre et d’insurrection, mais elle a aussi associé la Révolution à la justice d’exception, à la violence politique et à l’exécution de masse.

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