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Pourquoi Victor Hugo a-t-il été exilé en 1851 ?

La réponse

Victor Hugo a été exilé après s’être opposé au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. Il quitta la France en décembre 1851, se réfugia d’abord à Bruxelles puis à Jersey, avant de s’installer à Guernesey en 1855, où il continua à écrire.

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Victor Hugo n’a pas été exilé pour une œuvre littéraire ou une affaire personnelle, mais en raison de son opposition politique au coup d’État du 2 décembre 1851. Ce jour-là, le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte renversa l’ordre institutionnel établi, dissout l’Assemblée nationale et s’empara du pouvoir. Hugo dénonça immédiatement cette rupture avec la légalité républicaine et choisit de quitter la France plutôt que de se rallier au nouveau régime.

Le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte

Élu président de la République en décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte se trouvait confronté à la limite constitutionnelle de son mandat présidentiel. Le 2 décembre 1851, il fit arrêter plusieurs opposants, dissoudre l’Assemblée nationale et rétablir le suffrage universel masculin, tout en concentrant les pouvoirs entre ses mains. Un plébiscite valida ensuite cette prise de pouvoir, avant que le Second Empire ne soit proclamé en décembre 1852, sous le nom de Napoléon III. Pour Victor Hugo, cet événement constituait un coup de force contre la République et contre la représentation nationale.

Victor Hugo, opposant au nouveau pouvoir

À cette époque, Victor Hugo était une figure politique connue et un représentant à l’Assemblée nationale. D’abord favorable à certaines positions conservatrices après la révolution de 1848, il avait progressivement affirmé son attachement à la République et à la défense des libertés. Dès l’annonce du coup d’État, il condamna publiquement l’action de Louis-Napoléon Bonaparte et participa à l’opposition au nouveau pouvoir. Il appela les habitants de Paris à résister et dénonça la confiscation de la souveraineté populaire. La répression qui suivit rendit son arrestation possible et l’obligea à se cacher, puis à quitter le territoire français.

Un départ en plusieurs étapes

Victor Hugo quitta la France en décembre 1851. Il se réfugia d’abord à Bruxelles, en Belgique, avant de gagner l’île de Jersey, dans les Anglo-Normandes. Son départ fut donc la conséquence directe de son engagement contre le coup d’État et de la menace qui pesait sur les opposants au nouveau régime. Depuis l’étranger, il ne renonça pas à ses convictions : il continua à dénoncer le pouvoir personnel de Louis-Napoléon Bonaparte et refusa de transformer son exil en ralliement. Cette période donna à sa parole politique une portée nouvelle, car ses textes s’adressaient à la fois aux Français restés dans le pays et à l’opinion européenne.

Guernesey, lieu d’écriture et de résistance

En 1855, Hugo s’installa à Guernesey, autre île anglo-normande sous souveraineté britannique, où il demeura jusqu’à la fin du Second Empire. Cet exil, qui dura près de vingt ans en comptant ses séjours à Jersey et à Guernesey, fut une période littéraire particulièrement féconde. Il y poursuivit notamment son travail sur Les Misérables, publié en 1862, et écrivit ou développa plusieurs œuvres majeures, parmi lesquelles Les Châtiments et Les Travailleurs de la mer. Dans Les Châtiments, publié en 1853, il attaquait directement le régime de Napoléon III. Son exil fut ainsi à la fois une mesure politique subie et un acte de résistance durable : en refusant de rentrer tant que le régime impérial se maintenait, Victor Hugo fit de son éloignement un symbole de son opposition à l’autoritarisme.

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