Pourquoi Mozart est-il mort à seulement 35 ans ?
La réponse
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Wolfgang Amadeus Mozart s’éteint le 5 décembre 1791 à Vienne, à l’âge de 35 ans, laissant derrière lui une œuvre colossale et une disparition qui nourrit depuis plus de deux siècles les spéculations des historiens, des médecins et des mélomanes. Son décès précoce survient dans un contexte de déclin physique brutal, après des mois d’une activité créatrice intense qui contraste avec son état de santé déclinant. Les archives de l’époque, bien que fragmentaires, révèlent une agonie rapide, marquée par de violentes douleurs, une fièvre persistante et une faiblesse extrême. Si la cause exacte de sa mort reste officiellement indéterminée, les hypothèses les plus étayées s’appuient sur des témoignages contemporains et des analyses médicales rétrospectives, offrant un éclairage partiel sur les dernières semaines du compositeur.
Une fin de vie marquée par l’épuisement et la maladie
Les mois précédant sa mort, Mozart travaille avec une fièvre créatrice ininterrompue, achevant notamment son Requiem et composant des œuvres comme La Flûte enchantée. Pourtant, dès novembre 1791, il est alité, souffrant de douleurs abdominales intenses, de fièvre et d’œdèmes aux membres. Son médecin personnel, le Dr Thomas Franz Closset, note dans ses registres des symptômes compatibles avec une infection sévère. Les contemporains décrivent un homme méconnaissable, amaigri et fiévreux, incapable de se lever sans assistance. Ces signes, combinés à une absence de traitement efficace pour les maladies infectieuses de l’époque, suggèrent une dégradation rapide de son état. Les remèdes de l’époque, souvent empiriques, ne font qu’aggraver son état, comme l’administration de saignées, une pratique courante mais délétère.
Les hypothèses médicales : entre fièvre rhumatismale et infection streptococcique
Parmi les théories les plus plausibles, la fièvre rhumatismale aiguë occupe une place centrale. Cette maladie, consécutive à une infection streptococcique non traitée, pouvait provoquer des douleurs articulaires, des lésions cardiaques et une fatigue extrême – des symptômes compatibles avec le déclin de Mozart. Une autre piste, avancée par des chercheurs modernes, évoque une infection à streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, responsable d’angines sévères et de complications cardiaques. Une étude publiée en 2009 dans la revue Clinical Infectious Diseases a analysé les symptômes décrits par les témoins et les a comparés à des cas documentés de cette infection, renforçant cette hypothèse. Cependant, l’absence d’autopsie officielle (pratiquée mais non conservée) et la rareté des preuves biologiques rendent toute certitude impossible.
L’hypothèse du meurtre : une théorie controversée
Dès le XIXe siècle, des rumeurs ont circulé, attribuant la mort de Mozart à un empoisonnement, notamment par son rival Antonio Salieri. Cette théorie, popularisée par le drame Amadeus de Peter Shaffer, repose sur des ragots de l’époque et des témoignages indirects. Pourtant, aucun élément concret ne l’étaye. Les contemporains de Mozart, comme son élève Franz Xaver Süssmayr, ont toujours évoqué une maladie naturelle. Les analyses toxicologiques rétrospectives, bien que limitées, n’ont révélé aucune trace de poison. Cette théorie, davantage nourrie par la légende que par les faits, illustre la fascination durable pour le mystère entourant sa disparition.
Un legs artistique inachevé
La mort de Mozart survient alors qu’il est en pleine maturité créatrice, laissant derrière lui des œuvres inachevées, dont le Requiem, terminé par son élève Süssmayr. Son enterrement, modeste et sans cérémonie, reflète les circonstances de sa fin : une mort prématurée dans l’indifférence relative de ses contemporains. Pourtant, son influence musicale s’étend bien au-delà de son époque, influençant des générations de compositeurs, de Beethoven à Chopin. Son décès précoce nourrit une forme de mythe, celui d’un génie foudroyé par la maladie, mais dont l’héritage continue de résonner à travers les siècles. Les recherches médicales et historiques récentes, bien qu’elles n’apportent pas de réponse définitive, permettent de mieux comprendre les conditions de sa fin, tout en préservant l’aura de mystère qui entoure encore sa disparition.