Pourquoi les écureuils enterrent-ils des noisettes et oublient souvent leur emplacement ?
La réponse
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À l’approche de l’hiver, les écureuils accumulent des aliments qui leur permettront de faire face à une période où les ressources sont moins accessibles. Ils enfouissent notamment des noisettes et d’autres graines dans le sol ou sous la litière végétale : cette pratique constitue une réserve, mais aussi une stratégie de répartition des provisions. Une partie de ces caches n’est toutefois jamais récupérée, avec des conséquences importantes pour la végétation forestière.
Constituer des réserves pour l’hiver
Les noisettes sont particulièrement adaptées au stockage, car elles contiennent beaucoup d’énergie sous une forme compacte. L’écureuil les transporte, creuse un petit trou, y dépose généralement une graine, puis recouvre la cache de terre, de feuilles ou d’autres débris. Il peut ainsi disposer de nombreuses réserves réparties dans son domaine plutôt que de dépendre d’un seul lieu de stockage. Lorsque la nourriture se fait plus rare, il revient chercher une partie de ces provisions et les consomme progressivement. L’enfouissement répond donc d’abord à un besoin concret : conserver de la nourriture et la rendre disponible plus tard.
Pourquoi disperser les caches ?
Le stockage dispersé présente plusieurs avantages. En plaçant les noisettes à des endroits différents, l’écureuil évite de concentrer toute sa nourriture en un seul point. Si une cache est découverte par un autre animal, il ne perd pas nécessairement l’ensemble de ses réserves. Cette organisation lui impose en revanche de mémoriser de nombreux emplacements. Pour retrouver ses provisions, il peut s’appuyer sur la configuration du terrain et sur les indices présents autour de la cache. Mais plus les réserves sont nombreuses et éloignées les unes des autres, plus leur récupération devient difficile, surtout lorsque le sol est recouvert de feuilles, de neige ou modifié par les intempéries et le passage d’autres animaux.
Un oubli lié aux limites de la récupération
Les écureuils ne retrouvent pas toutes les graines qu’ils ont enterrées. Environ 70 % des caches ne sont pas récupérées. Ce chiffre ne signifie pas que chaque animal perd toute trace de ses réserves, mais qu’une grande partie des graines enfouies échappe finalement à leur recherche. Le temps écoulé, la multiplicité des emplacements et les transformations du paysage peuvent compliquer la localisation. Certaines caches peuvent aussi être déplacées ou consommées par d’autres animaux avant le retour de l’écureuil. L’oubli est donc la conséquence de cette stratégie de stockage très dispersée, des limites de la mémoire spatiale et de la concurrence qui existe autour de ces ressources.
Des graines qui contribuent à la régénération des forêts
Les noisettes et les autres graines restées dans le sol ne sont pas toutes condamnées à disparaître. Lorsque l’humidité, la température et la lumière sont favorables, certaines peuvent germer et donner naissance à de jeunes plants. En transportant les graines puis en les enfouissant à distance de l’arbre qui les a produites, les écureuils participent à leur dissémination. Les caches non retrouvées peuvent ainsi favoriser la régénération de la forêt. Toutes les graines oubliées ne deviennent évidemment pas des arbres : certaines sont mangées, se dégradent ou ne trouvent pas les conditions nécessaires à leur germination. Néanmoins, la proportion importante de caches non récupérées transforme un comportement destiné à la survie de l’écureuil en un mécanisme naturel utile au renouvellement de la végétation.
