Langue française

Pourquoi le « h » est-il parfois muet et parfois aspiré en français ?

La réponse

Le « h » muet permet la liaison entre deux mots, comme dans « les amis », prononcé [lezami]. En revanche, le « h » aspiré empêche la liaison et l’élision, comme dans « le héros », et non « l’héros ». Cette distinction est historique et lexicale : le « h » aspiré apparaît souvent dans des mots d’origine germanique, mais aussi dans quelques mots d’autres origines ; il ne correspond plus à un son [h] en français moderne.

En savoir plus

En français, la lettre « h » placée au début d’un mot ne se prononce généralement pas comme une consonne. Pourtant, elle n’a pas toujours les mêmes effets sur les mots qui l’entourent. Selon que le mot commence par un « h » muet ou par un « h » aspiré, on pourra dire « l’homme » et « les amis », mais « le héros » et « les haricots ». Cette distinction concerne donc moins la prononciation directe du « h » que les règles de liaison et d’élision.

Deux fonctionnements grammaticaux

Le « h » muet se comporte comme une initiale vocalique. Il autorise l’élision de certains mots courts : on dit « l’homme », « l’histoire », « l’hôpital » et « d’honneur », plutôt que « le homme », « la histoire » ou « de honneur ». Il permet également la liaison lorsque le mot précédent s’y prête : « les amis » se prononce [lezami], et « les hommes » [lezɔm]. Le « h » aspiré, en revanche, empêche ces mécanismes. On dit « le héros », « la honte », « le haricot » et « de héros », sans élision ; on dit aussi « les héros » et « les haricots », sans prononcer de consonne de liaison [z].

Une aspiration qui n’est plus audible

Le terme « aspiré » est historique et peut prêter à confusion. Dans le français standard contemporain, le « h » aspiré ne correspond normalement pas à un son [h] prononcé, contrairement à ce qui se produit dans certaines autres langues. Dans « héros », par exemple, on n’entend pas de consonne entre l’article et le reste du mot : la différence avec « homme » se manifeste par la possibilité ou l’interdiction de l’élision et de la liaison. L’opposition entre « l’héroïne » et « le héros » l’illustre bien : « héroïne » commence par un « h » muet, tandis que « héros » commence par un « h » aspiré.

Une distinction héritée de l’histoire des mots

La répartition entre « h » muet et « h » aspiré s’est constituée au cours de l’histoire du français. Le « h » muet se rencontre notamment dans des mots hérités du latin ou dans des mots savants, comme « homme », « hiver », « histoire », « harmonie » et « hypothèse ». Le « h » aspiré est souvent associé à des mots d’origine germanique, tels que « haut », « honte » ou « hache ». Cette origine ne constitue toutefois pas une règle absolue : des mots venus d’autres langues, comme « hasard » ou « harem », ont également un « h » aspiré. Le statut de l’initiale dépend donc de l’histoire et de l’usage propres à chaque mot.

Un classement à mémoriser

L’orthographe seule ne permet pas toujours de déterminer le comportement d’un « h ». Des mots commençant par la même lettre peuvent appartenir à des catégories différentes : on dit « l’hiver », mais « le haricot » ; « l’héroïne », mais « le héros ». Il faut donc connaître le mot ou consulter un dictionnaire, qui signale souvent la présence d’un « h » aspiré. Cette distinction reste active dans la grammaire actuelle, même si aucune aspiration n’est généralement perceptible à l’oral : elle détermine la forme des articles et des prépositions ainsi que la réalisation des liaisons.

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