Pourquoi le fleuve Jaune est-il surnommé ainsi ?
La réponse
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Le fleuve Jaune, appelé Huang He en chinois, porte ce nom en raison de l’aspect caractéristique de ses eaux. Elles prennent une teinte jaunâtre, ocre ou brunâtre lorsqu’elles charrient une importante quantité de particules minérales. Cette coloration n’est donc pas due à une substance colorante dissoute dans l’eau, mais à des sédiments très fins maintenus en suspension par le courant. Le phénomène est particulièrement marqué dans les zones où le fleuve reçoit les eaux issues du plateau de Lœss.
Le rôle du plateau de Lœss
Le plateau de Lœss, situé en Chine, est constitué de dépôts épais de limon très fin. Ce matériau est friable et s’érode facilement sous l’action des pluies et du ruissellement. Lorsque l’eau s’écoule sur les versants, elle détache les particules du sol et les entraîne vers les cours d’eau, puis vers le fleuve Jaune. Une grande partie de la couleur observée dans ses eaux provient ainsi de cette région très érodée. Le limon transporté peut aussi être alimenté par les affluents qui traversent le plateau et rejoignent le Huang He.
Une eau particulièrement chargée
Le limon est composé de particules suffisamment petites pour rester longtemps en suspension dans l’eau. Au lieu de se déposer immédiatement au fond, elles sont transportées sur une longue distance par le courant. Plus la charge sédimentaire est importante, plus l’eau devient opaque et prend une coloration jaune-brun. Cette concentration varie selon les pluies, l’érosion des sols et le débit du fleuve. Le fleuve Jaune est ainsi considéré comme l’un des cours d’eau les plus turbides au monde, ce qui explique que son apparence soit si différente de celle d’un fleuve aux eaux plus claires.
Une caractéristique aux conséquences importantes
La présence massive de sédiments ne se limite pas à modifier la couleur du fleuve. Lorsqu’une partie du limon se dépose, elle peut surélever progressivement le lit et réduire localement la capacité du cours d’eau à contenir les crues. Le transport et le dépôt de ces matériaux ont donc longtemps compliqué la gestion du fleuve, notamment dans les plaines densément peuplées qu’il traverse. Digues, canaux et autres aménagements ont été utilisés pour limiter les débordements et contrôler son écoulement. Le surnom de fleuve Jaune renvoie ainsi à un phénomène visuel directement lié à la géologie du bassin et à l’intense érosion du plateau de Lœss.
