Pourquoi faut-il éviter d’utiliser du paillage plastique dans les jardins ?
La réponse
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Le paillage plastique séduit par sa simplicité : installé au pied des cultures, il limite la croissance des plantes indésirables et ralentit l’évaporation de l’eau. Ces avantages pratiques ne doivent toutefois pas masquer ses effets à long terme. Dans un jardin, ce matériau artificiel modifie les échanges à la surface du sol, laisse des déchets difficiles à gérer et repose sur une industrie dépendante des ressources fossiles. Pour réduire l’impact environnemental du paillage, mieux vaut donc privilégier des matériaux organiques et biodégradables.
Un déchet qui persiste dans l’environnement
Les films utilisés au jardin ne disparaissent pas rapidement après leur pose. Sous l’effet du soleil, des variations de température et des manipulations, ils peuvent se fragiliser et se fragmenter. Ces fragments contribuent à la présence de microplastiques dans les sols, où ils sont difficiles à récupérer une fois mélangés à la terre. Le problème est particulièrement important lorsque le film est retiré de manière incomplète ou se déchire pendant son utilisation. Un paillage plastique doit alors être évacué comme un déchet, tandis qu’un matériau organique peut se décomposer progressivement sur place et participer au renouvellement de la matière organique du sol.
Une couverture qui perturbe la vie du sol
Le sol n’est pas un simple support pour les plantes : il abrite des bactéries, des champignons, des vers et de nombreux autres organismes. Ces êtres vivants participent à la décomposition des débris végétaux et aux échanges qui rendent les nutriments accessibles aux cultures. En recouvrant la surface d’une couche plastique, on limite les échanges entre le sol et l’air ainsi que les contacts avec les apports organiques. La couverture peut également réduire les possibilités d’installation ou de déplacement de certains organismes proches de la surface. En contribuant à la pollution par les microplastiques et en perturbant cet habitat, le paillage plastique peut donc nuire à la biodiversité du jardin.
Une solution fondée sur des ressources fossiles
Le plastique est produit à partir de matières premières issues principalement des ressources fossiles. Son utilisation dans un jardin ne se limite donc pas à la période pendant laquelle le film protège les cultures : elle s’inscrit dans un cycle de production et de gestion des déchets plus large. Une fois usé, le paillage doit être retiré et traité, ce qui complique encore son bilan environnemental, notamment lorsqu’il est souillé par de la terre ou des résidus végétaux. Le gain de temps obtenu contre les adventices ne suffit pas à effacer cette dépendance à une matière persistante et non biodégradable dans les conditions ordinaires du jardin.
Des paillages organiques plus cohérents
Les copeaux de bois et la paille constituent des solutions simples pour couvrir le sol tout en limitant les mauvaises herbes et en conservant une partie de l’humidité. Ils se dégradent progressivement, apportent de la matière organique et peuvent favoriser une meilleure continuité entre la surface et le sol. D’autres résidus végétaux, comme les feuilles mortes, peuvent également être utilisés lorsqu’ils sont disponibles et adaptés aux cultures concernées. Ces paillages doivent être renouvelés au fil du temps, mais cette intervention accompagne leur décomposition au lieu de laisser un déchet plastique dans le jardin. Pour protéger les cultures tout en préservant la biodiversité et la qualité des sols, les matériaux organiques sont donc généralement préférables au paillage plastique.
