Pourquoi certaines voitures de sport ont-elles une transmission à double embrayage ?
La réponse
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Dans une voiture de sport, chaque interruption de la transmission pendant un changement de rapport peut ralentir l’accélération et réduire la sensation de réactivité. La transmission à double embrayage répond à cet enjeu grâce à deux embrayages distincts, pilotés par une commande électronique. Elle associe ainsi la rapidité d’une boîte séquentielle à la possibilité de laisser l’électronique gérer automatiquement les changements de rapports.
Deux embrayages, deux groupes de rapports
Le principe repose sur une répartition des rapports entre les deux embrayages : l’un commande généralement les rapports impairs, comme la première, la troisième et la cinquième, tandis que l’autre commande les rapports pairs, comme la deuxième, la quatrième et la sixième. Pendant qu’un rapport transmet le couple aux roues, le rapport suivant peut être sélectionné à l’avance sur l’autre ensemble mécanique. Son embrayage reste alors ouvert : le rapport est prêt, mais il ne transmet pas encore la puissance.
Des changements très rapides
Lorsque le système détecte qu’un changement de rapport est nécessaire, il coordonne l’ouverture d’un embrayage et la fermeture de l’autre. Le rapport suivant étant déjà préparé, la boîte n’a pas à effectuer toute la sélection au moment même du passage. Cette organisation réduit fortement le temps de changement de rapport et limite l’interruption de la transmission du couple. Les passages peuvent donc être très rapides et suffisamment progressifs pour préserver la stabilité de la voiture et la continuité de l’accélération. C’est particulièrement utile lors d’une forte accélération, lorsqu’un changement lent ferait perdre davantage de régime moteur et de temps.
Une réponse adaptée à la conduite sportive
La gestion électronique peut également exploiter le régime du moteur, la position de l’accélérateur, la vitesse de la voiture et le mode de conduite choisi pour déterminer le meilleur moment du changement. En mode sportif, elle peut privilégier des passages plus rapides et maintenir davantage le moteur dans une plage de régime favorable. Le conducteur peut souvent commander lui-même les rapports à l’aide de palettes, sans utiliser une pédale d’embrayage. La boîte offre ainsi une grande constance dans les changements, tout en laissant une place à l’intervention du conducteur.
Des avantages qui ont aussi leurs contreparties
Le double embrayage n’est toutefois pas une solution parfaite ni indispensable à toutes les voitures de sport. Sa construction et son pilotage sont plus complexes qu’une boîte manuelle, ce qui peut augmenter le poids, le coût et les exigences d’entretien. À très basse vitesse, lors des manœuvres ou dans les embouteillages, certains systèmes peuvent aussi sembler moins progressifs qu’une boîte automatique classique. Le choix dépend donc d’un compromis entre rapidité, confort, coût et sensations de conduite. Pour les modèles où la performance et la régularité des changements de rapports sont prioritaires, les gains apportés par la préparation du rapport suivant justifient néanmoins cette architecture.
