Où Napoléon Bonaparte a-t-il été exilé pour la première fois ?
La réponse
En savoir plus
Napoléon Bonaparte a été exilé pour la première fois sur l’île d’Elbe, en mer Tyrrhénienne, au large de la Toscane. Cette décision intervient en avril 1814, après l’effondrement de l’Empire français face aux puissances de la Sixième Coalition et la première abdication de l’empereur. Son séjour sur cette île italienne ne constitue toutefois qu’une interruption temporaire de son règne : moins d’un an plus tard, Napoléon s’en échappe et reprend le pouvoir en France.
Une abdication après la campagne de France
Au début de l’année 1814, les armées alliées de la Russie, de la Prusse, de l’Autriche, du Royaume-Uni et de plusieurs autres États envahissent le territoire français. Malgré ses succès militaires lors de la campagne de France, Napoléon ne parvient pas à empêcher la progression de la coalition ni l’occupation de Paris. Sous la pression militaire et politique, il abdique une première fois le 6 avril 1814 à Fontainebleau. Quelques jours plus tard, le 11 avril, un accord conclu à Fontainebleau fixe les conditions de son départ et de son installation sur l’île d’Elbe. Il s’agit donc d’un exil négocié à la suite de sa défaite, et non d’une incarcération dans une forteresse.
Une principauté accordée à Napoléon
Le choix de l’île d’Elbe présente une particularité remarquable. Selon les dispositions de l’accord de Fontainebleau, l’île doit former, pendant la vie de Napoléon, une principauté séparée qu’il possède en toute souveraineté. Napoléon conserve son titre impérial et reçoit également le droit de disposer d’une garde personnelle d’environ un millier d’hommes. Il n’est donc pas envoyé comme un prisonnier ordinaire dans un territoire administré directement par les puissances victorieuses : il devient le souverain d’un petit État insulaire, même si cette souveraineté reste étroitement encadrée par les circonstances diplomatiques de 1814.
Le séjour à Portoferraio
Napoléon arrive sur l’île d’Elbe le 4 mai 1814 et établit principalement sa résidence à Portoferraio. Il s’occupe de l’administration de la principauté, de ses finances et de divers travaux destinés à améliorer les routes et les équipements locaux. Il continue aussi à suivre la situation politique du continent et reçoit des informations venues de France. Cette activité donne à son exil une dimension politique particulière : l’ancien empereur est déchu de la majeure partie de son pouvoir, mais il dispose encore d’une cour, d’une autorité territoriale et de moyens suffisants pour entretenir une représentation de son régime.
Une parenthèse avant le retour en France
Le séjour de Napoléon sur l’île d’Elbe dure environ dix mois. Le 26 février 1815, il quitte Portoferraio avec quelques navires et ses troupes, puis débarque à Golfe-Juan, près d’Antibes, le 1er mars. Il entreprend alors de reprendre le pouvoir et marche vers Paris, où il revient au mois de mars 1815. Cette période ouvre l’épisode des Cent-Jours, avant sa défaite à Waterloo et son second exil, bien plus lointain, sur l’île de Sainte-Hélène. L’île d’Elbe demeure ainsi le lieu du premier exil de Napoléon Bonaparte, entre sa première abdication et son retour spectaculaire sur le continent.
