Où et quand est née la première démocratie au monde ?
La réponse
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Athènes, en Grèce, est généralement considérée comme le lieu de naissance de la première démocratie connue. Cette transformation politique se produit vers la fin du VIe siècle av. J.-C., sous l’impulsion de Clisthène, dans la cité-État athénienne. Le terme « démocratie » vient d’ailleurs du grec dêmos, le peuple, et krátos, le pouvoir. Le régime mis en place ne correspondait pas aux démocraties contemporaines : il reposait sur la participation directe d’une partie seulement de la population. Les citoyens athéniens pouvaient prendre part aux décisions publiques, tandis que les femmes, les esclaves et les étrangers résidant dans la cité en étaient exclus.
Avant les réformes de Clisthène
La démocratie athénienne n’est pas apparue soudainement. Avant Clisthène, Athènes avait déjà connu plusieurs réformes destinées à limiter les tensions entre les grandes familles aristocratiques et les autres citoyens. Solon, au début du VIe siècle av. J.-C., avait notamment réorganisé une partie de la vie politique et juridique de la cité. Ses mesures n’avaient toutefois pas instauré un régime démocratique complet. La période de la tyrannie de Pisistrate et de ses successeurs avait ensuite concentré le pouvoir entre les mains d’un seul dirigeant, même si certaines institutions civiques continuaient d’exister. Lorsque Clisthène intervint dans les luttes politiques athéniennes, il s’appuya sur une mobilisation populaire pour refonder l’organisation de la cité et réduire l’influence des anciennes solidarités aristocratiques.
La réorganisation politique de l’Attique
Les réformes associées à Clisthène sont traditionnellement situées autour de 508-507 av. J.-C. Leur objectif était de modifier la manière dont les citoyens étaient regroupés et représentés. L’Attique fut réorganisée en dix tribus, constituées à partir de territoires différents. Cette nouvelle organisation devait empêcher qu’une famille ou qu’un groupe régional puisse s’appuyer trop facilement sur un réseau local pour dominer la vie politique. Le Conseil des Cinq-Cents, composé de citoyens désignés par tirage au sort, préparait les travaux soumis à l’Assemblée. Celle-ci réunissait les citoyens et leur permettait de discuter et de voter sur des décisions importantes. Le fonctionnement reposait donc largement sur la participation directe, et non sur l’élection de représentants chargés de gouverner à la place du peuple.
Une démocratie réservée aux citoyens
La démocratie athénienne demeurait cependant profondément exclusive. La qualité de citoyen, indispensable pour participer aux institutions politiques, ne concernait pas tous les habitants de la cité. Les femmes athéniennes ne disposaient pas des mêmes droits politiques que les hommes, les esclaves étaient privés de liberté et les étrangers installés à Athènes, appelés métèques, ne faisaient pas partie du corps civique. Les décisions étaient donc prises directement par une fraction de la population. Cette limite n’annule pas l’importance historique de l’expérience athénienne : pour la première fois connue, une cité organisait durablement une partie de son pouvoir autour de la participation politique de ses citoyens. Elle constitue ainsi l’origine historique généralement retenue de la démocratie, tout en se distinguant nettement des conceptions modernes de l’égalité et de la représentation.
