Mots français célèbres

La Bible de Gutenberg contient-elle le premier mot français imprimé ?

La réponse

Non. « Incipit » est un mot latin, et la Bible de Gutenberg, imprimée vers 1455, est essentiellement entièrement en latin : elle ne contient pas de texte français médiéval. La notion de « premier mot français imprimé » reste par ailleurs indéterminée sans critères historiques précis.

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La Bible de Gutenberg, imprimée à Mayence vers 1455, est l’un des ouvrages les plus célèbres des débuts de l’imprimerie européenne. Cette renommée a parfois favorisé une confusion linguistique autour du mot « incipit », présenté à tort comme le premier mot français imprimé. Or « incipit » est un terme latin, et la Bible dite à 42 lignes est essentiellement rédigée en latin. Elle ne contient donc pas de texte français médiéval permettant d’en faire le premier témoignage imprimé de la langue française.

Un terme latin pour signaler un commencement

« Incipit » vient du latin incipere, qui signifie « commencer ». Dans les manuscrits médiévaux, ce mot pouvait servir à introduire le début d’un texte ou d’une section, selon des usages hérités des traditions de copie et de présentation des livres. Sa fonction est donc éditoriale et liturgique plutôt que linguistique : il indique qu’un texte commence, mais ne constitue pas pour autant un mot français. Le fait qu’un terme latin puisse être visible au début d’un ouvrage ne transforme pas la langue de cet ouvrage et ne fournit pas la preuve d’une présence du français.

La langue de la Bible de Gutenberg

La Bible de Gutenberg reproduit le texte biblique dans la langue savante qui dominait alors la production ecclésiastique et universitaire en Europe occidentale : le latin. Son impression représente une étape majeure dans l’histoire technique et culturelle du livre, mais elle ne doit pas être confondue avec l’apparition des langues vernaculaires dans l’imprimerie. La présence d’indications, de rubriques ou de termes issus des traditions du livre médiéval ne suffit pas à établir l’existence d’un passage en français. Dans cet ouvrage, aucun texte français médiéval ne permet de soutenir l’idée d’un premier mot français imprimé.

Une notion qui dépend de critères précis

Déterminer le « premier mot français imprimé » est d’ailleurs plus complexe qu’il n’y paraît. Il faudrait notamment préciser ce que l’on entend par mot français : un terme isolé dans une rubrique, une phrase complète, un texte entièrement en français ou un emprunt déjà intégré à la langue ? Il faudrait aussi établir quelles impressions sont retenues, comment elles sont datées et quelles sources permettent d’en identifier avec certitude la langue. Sans ces critères historiques et linguistiques, une affirmation unique est fragile. La Bible de Gutenberg ne fournit pas la réponse, puisque son texte est essentiellement latin et que « incipit » est lui-même latin.

La place réelle de Gutenberg dans l’histoire du français imprimé

L’imprimerie a progressivement favorisé la diffusion des langues vernaculaires, notamment du français, dans les décennies qui ont suivi les premières productions de Mayence. Cette évolution ne s’est toutefois pas accomplie dans la Bible de Gutenberg et ne peut pas être résumée par l’identification d’un mot prétendument inaugural. L’importance de la Bible tient à la maîtrise de l’impression à caractères mobiles et à la diffusion d’un grand texte latin, non à l’introduction du français dans le livre imprimé. La réponse à la question est donc négative : elle ne contient pas le premier mot français imprimé, et la recherche de ce premier mot reste indéterminée tant que les critères de classement ne sont pas définis.

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