D'où vient l'expression « cordon bleu » ?
La réponse
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L’expression « cordon bleu » désigne aujourd’hui une personne particulièrement habile en cuisine. Son origine ne se trouve pourtant pas dans une tradition attestée des cuisines royales, mais dans un symbole de distinction de la monarchie française : le cordon bleu porté par les chevaliers d’un ordre prestigieux. Le passage du vocabulaire honorifique au vocabulaire culinaire s’est effectué par extension, jusqu’à donner à cette expression son sens actuel.
Le cordon de l’ordre du Saint-Esprit
Le « cordon bleu » fait allusion au cordon porté par les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit. Cet ordre a été créé par Henri III en 1578. Le cordon constituait un signe distinctif associé à une institution particulièrement prestigieuse de la monarchie française. Dans son sens premier, l’expression renvoie donc à un insigne honorifique et non à une préparation, à un ustensile ou à une pratique culinaire.
Une association avec l’excellence
Avec le temps, le prestige attaché à ce cordon a favorisé un emploi figuré de l’expression. « Cordon bleu » a fini par qualifier une personne remarquable dans le domaine de la cuisine, en particulier une cuisinière ou un cuisinier dont le savoir-faire était jugé exceptionnel. Cette évolution repose sur une comparaison implicite : de même que le cordon distinguait les membres d’un ordre prestigieux, l’expression distingue une personne considérée comme excellente aux fourneaux.
Une origine souvent déformée
Une explication parfois avancée affirme que les cuisiniers de la cour auraient eux-mêmes porté le cordon bleu pour signaler leur talent. Rien n’établit toutefois qu’ils aient été autorisés à porter cet insigne de l’ordre du Saint-Esprit. L’origine de l’expression doit donc être formulée avec prudence : elle vient du cordon des chevaliers de l’ordre créé par Henri III, puis son sens s’est déplacé vers la cuisine au XIXe siècle. Le « cordon bleu » est ainsi devenu une manière consacrée de parler d’une personne excellente en cuisine, tout en conservant la trace lointaine d’une distinction de la Renaissance.
