Histoire de la langue française

Comment s’appelle la réforme de l’orthographe française proposée en 1990 ?

La réponse

La réforme de l’orthographe française de 1990 est appelée les Rectifications orthographiques. Elle visait à simplifier certaines règles et à rendre l’orthographe plus cohérente. Bien que recommandée, elle n’a pas été rendue obligatoire et reste sujette à débat parmi les locuteurs.

En savoir plus

La réforme de l’orthographe française proposée en 1990 est appelée les Rectifications orthographiques, ou plus simplement les rectifications de 1990. Il ne s’agissait pas d’une refonte complète de la langue, mais d’un ensemble limité de recommandations destinées à simplifier certaines règles, à régulariser des graphies et à réduire plusieurs incohérences. Ces propositions ont été officiellement examinées par les instances linguistiques françaises, mais elles n’ont pas imposé une nouvelle orthographe unique à tous les usagers.

Une proposition élaborée par le Conseil supérieur de la langue française

Les Rectifications orthographiques ont été préparées dans le cadre du Conseil supérieur de la langue française, puis soumises à l’Académie française, qui leur a donné un avis favorable. Elles ont été publiées en 1990 dans les Documents administratifs du Journal officiel de la République française. Le choix du terme « rectifications » souligne leur portée limitée : elles concernaient certains points précis de l’orthographe et ne prétendaient pas remplacer l’ensemble des règles existantes. Leur objectif était notamment de rendre certaines écritures plus régulières et plus faciles à apprendre.

Des changements portant sur plusieurs règles

Les recommandations concernaient notamment l’usage du trait d’union, la formation de certains pluriels, les accents, la conjugaison de quelques verbes et l’orthographe de certains mots d’origine étrangère. Elles proposaient par exemple la soudure de certains mots composés, comme portemonnaie, au lieu de porte-monnaie. Elles permettaient aussi d’écrire ognon plutôt qu’oignon et nénufar plutôt que nénuphar. Dans de nombreux mots, le circonflexe pouvait être supprimé sur i ou u lorsqu’il n’était pas nécessaire pour distinguer deux formes, ce qui rend possibles des graphies comme boite, paraitre ou cout. Les anciennes graphies n’ont toutefois pas été déclarées fautives dans tous ces cas : les deux usages peuvent généralement coexister.

Une application recommandée, mais non obligatoire

Les Rectifications orthographiques n’ont pas été imposées par un décret rendant leur emploi obligatoire dans l’ensemble de la francophonie. Elles constituent une recommandation de référence, tandis que l’orthographe traditionnelle demeure admise. Cette coexistence explique que l’on rencontre encore, selon les ouvrages et les institutions, des formes anciennes et des formes rectifiées. Dans l’enseignement français, les programmes entrés en vigueur en 2016 ont fait référence aux rectifications de 1990, ce qui a relancé les discussions sur leur place à l’école et dans les dictionnaires.

Une réforme restée discutée

Le débat porte moins sur l’existence des rectifications que sur leur adoption concrète. Leurs partisans mettent en avant la simplification de certaines règles et la cohérence accrue de plusieurs séries de mots. Leurs opposants redoutent une distance plus grande avec l’histoire et l’étymologie du français, ou contestent la nécessité de modifier des graphies déjà largement connues. En pratique, l’usage reste variable : certaines formes rectifiées sont devenues familières, tandis que d’autres demeurent peu employées. Le nom à retenir pour la réforme proposée en 1990 est donc bien celui de Rectifications orthographiques.

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