Histoire de la langue française

Comment s’appelle la réforme de l’orthographe française proposée en 1990 ?

La réponse

La réforme de l’orthographe française de 1990 est appelée les Rectifications orthographiques. Elle visait à simplifier certaines règles et à rendre l’orthographe plus cohérente. Bien que recommandée, elle n’a pas été rendue obligatoire et reste sujette à débat parmi les locuteurs.

En savoir plus

En 1990, l’Académie française, en collaboration avec d’autres institutions linguistiques francophones, a proposé un ensemble de modifications destinées à moderniser et à rationaliser l’orthographe du français. Cette initiative, connue sous le nom de Rectifications orthographiques, s’inscrivait dans un mouvement plus large visant à adapter la langue écrite aux évolutions de son usage quotidien. Contrairement à une idée reçue, ces changements ne consistaient pas en une refonte radicale, mais en une série de corrections ciblées, conçues pour réduire les incohérences et faciliter l’apprentissage.

Les objectifs initiaux des Rectifications orthographiques

Les Rectifications orthographiques de 1990 poursuivaient plusieurs buts précis. D’une part, elles visaient à supprimer certaines anomalies historiques, comme les lettres muettes inutiles ou les doubles consonnes superflues. D’autre part, elles cherchaient à harmoniser les formes verbales et nominales afin de clarifier les règles de conjugaison et de déclinaison. Par exemple, des mots comme nénuphar ou oignon, dont l’orthographe avait divergé au fil des siècles, devaient être uniformisés selon une logique étymologique ou phonétique. Ces ajustements s’appuyaient sur des travaux préparatoires menés depuis les années 1970 par des linguistes et des grammairiens.

Un processus de consultation et de validation institutionnelle

Avant d’être officiellement publiées, les Rectifications orthographiques ont fait l’objet d’une validation par plusieurs organismes francophones. Le Conseil supérieur de la langue française, en France, ainsi que des instances similaires en Belgique, en Suisse et au Canada, ont examiné et approuvé ces propositions. En 1990, l’Académie française a entériné ces modifications, les publiant dans les Documents administratifs de l’institution. Cependant, contrairement à une réforme antérieure comme celle de 1835, ces rectifications n’ont pas été imposées par décret. Leur application est restée facultative, laissant aux utilisateurs et aux institutions le choix de les adopter ou non.

Les principales modifications et leurs exemples concrets

Parmi les changements les plus visibles figuraient la suppression des traits d’union inutiles, comme dans porte-monnaie devenu portemonnaie, ou la régularisation de certaines conjugaisons, par exemple nous apprenons au lieu de nous apprenons (forme déjà correcte mais parfois contestée). D’autres ajustements concernaient l’accentuation, comme l’ajout d’un accent circonflexe sur le i dans des mots comme boîte ou traînée, ou encore la simplification de pluriels irréguliers, comme bijou prenant un s au pluriel (bijous). Ces modifications, bien que limitées en nombre, ont suscité des débats passionnés, certains y voyant une atteinte à la tradition, d’autres une nécessaire adaptation.

L’accueil et la postérité des Rectifications orthographiques

Dès leur publication, les Rectifications orthographiques ont divisé les locuteurs du français. Les partisans y voyaient une opportunité de clarifier une orthographe jugée trop complexe, tandis que les détracteurs dénonçaient une rupture avec l’héritage linguistique. Dans les années qui ont suivi, leur adoption est restée inégale : certains manuels scolaires et dictionnaires les ont intégrées, tandis que d’autres les ont ignorées. En 2016, le ministère de l’Éducation nationale français a officiellement recommandé leur enseignement, sans pour autant les imposer. Aujourd’hui, leur usage reste variable, mais elles continuent de figurer dans les références officielles, attestant de leur reconnaissance institutionnelle.