Politique internationale

Comment les sanctions internationales sont-elles appliquées et par qui ?

La réponse

Les sanctions internationales sont des mesures coercitives décidées par l’ONU, l’Union européenne ou des États individuels. Elles peuvent prendre la forme d’embargos sur les armes, de restrictions commerciales ou de gels d’avoirs. Elles sont principalement mises en œuvre et contrôlées par les autorités nationales des États concernés, tandis que des comités ou institutions spécialisées en surveillent l’application.

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Les sanctions internationales ne sont pas appliquées par une autorité mondiale unique. Elles sont d’abord décidées par l’ONU, l’Union européenne ou des États agissant individuellement, puis mises en œuvre par les autorités nationales compétentes. Selon les cas, elles peuvent limiter les échanges commerciaux, interdire la vente d’armes, restreindre l’accès à certains services financiers ou entraîner le gel des avoirs de personnes et d’organisations désignées. Leur efficacité dépend donc autant de la décision politique que de son intégration dans les législations et les contrôles nationaux.

Des décisions prises à plusieurs niveaux

Le Conseil de sécurité des Nations unies peut adopter des sanctions obligatoires pour les États membres dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies. L’Union européenne peut appliquer des sanctions décidées par l’ONU, mais aussi établir ses propres mesures, dites autonomes. Enfin, chaque État peut adopter des sanctions fondées sur son droit interne, par exemple contre un gouvernement étranger, une entreprise ou une personne. Les mesures retenues varient selon les objectifs poursuivis : embargo sur les armes, restrictions à l’exportation ou à l’importation, interdictions de voyager, limitation de l’accès aux financements et gel des avoirs.

Le rôle de l’ONU

Au sein de l’ONU, les sanctions contraignantes sont décidées par le Conseil de sécurité. Leur adoption ne suppose pas l’unanimité des cinq membres permanents : elle exige notamment un nombre suffisant de voix et l’absence de veto d’un membre permanent. Une fois la résolution adoptée, ce sont les États membres qui doivent lui donner effet, en contrôlant les opérations concernées et en sanctionnant les violations selon leurs propres règles. Des comités des sanctions suivent l’application des régimes décidés par le Conseil de sécurité, examinent les informations transmises par les États, précisent certaines modalités et peuvent gérer des procédures d’exemption. Ils surveillent donc la mise en œuvre, mais ne disposent pas d’une police mondiale chargée d’intervenir directement dans chaque pays.

L’action de l’Union européenne

L’Union européenne adopte ses mesures restrictives par ses institutions, puis les rend applicables dans l’ordre juridique européen au moyen des actes prévus par les traités. Les États membres sont ensuite chargés de leur exécution concrète. Leurs administrations douanières contrôlent les marchandises, leurs autorités financières surveillent les avoirs et les transactions, et leurs services compétents peuvent délivrer certaines autorisations ou enquêter sur des violations. Les banques, les entreprises et d’autres acteurs privés doivent également respecter les interdictions qui leur sont applicables. L’Union peut viser un État, mais aussi des individus, des entreprises ou des organisations inscrits sur des listes de sanctions, notamment par des gels d’avoirs ou des interdictions de mise à disposition de fonds.

Les sanctions décidées par les États

Un État peut aussi prendre des mesures sans mandat de l’ONU ni décision européenne. Elles sont alors définies par son gouvernement et son parlement, selon les procédures prévues par son droit national, puis appliquées par ses administrations et ses organismes de contrôle. Les sanctions américaines constituent un exemple important de ce type de dispositif. Il faut toutefois distinguer les sanctions visant directement des ressortissants ou des activités relevant de l’État qui les adopte des sanctions dites secondaires. Ces dernières cherchent à exercer une pression sur des acteurs de pays tiers qui continuent certaines relations avec la cible principale. Leur portée extraterritoriale peut provoquer des contestations et des tensions avec d’autres États.

Contrôler l’application et lutter contre les contournements

Dans la pratique, l’application repose sur un ensemble d’acteurs nationaux : douanes, autorités de supervision financière, banques centrales, services de renseignement financier, administrations chargées des licences d’exportation et autorités judiciaires. Les entreprises doivent vérifier l’identité de leurs clients et partenaires, repérer les personnes ou entités visées et empêcher les opérations interdites. Les autorités peuvent analyser les flux financiers, les itinéraires commerciaux et les transferts de marchandises afin de détecter des contournements. Les comités de l’ONU, les institutions européennes et les autorités nationales contribuent au suivi, chacun dans le cadre de ses compétences. Des réseaux commerciaux dissimulés, des sociétés écrans ou des changements d’itinéraire peuvent cependant réduire l’efficacité des sanctions, ce qui explique l’importance de la coopération entre États et de l’échange d’informations.

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