Insectes

Comment les criquets peuvent-ils causer des famines ?

La réponse

Les criquets sont capables de se regrouper en essaims massifs pouvant compter des milliards d'individus. Ces essaims dévorent des quantités énormes de végétation, détruisant ainsi les cultures et provoquant des pertes agricoles importantes. Certains essaims peuvent couvrir des centaines de kilomètres carrés.

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Les criquets peuvent provoquer des famines lorsque leurs populations se multiplient rapidement et se regroupent en essaims immenses. Le danger ne vient pas seulement de l’appétit de chaque insecte, mais surtout du nombre d’individus réunis au même endroit. Certains essaims comptent des milliards de criquets et peuvent couvrir des centaines de kilomètres carrés. En traversant une région agricole, ils consomment une grande partie de la végétation disponible et peuvent anéantir des cultures indispensables à l’alimentation des populations.

Du criquet solitaire à l’essaim

Chez certaines espèces, les criquets peuvent adopter deux modes de vie différents. Lorsque leur densité reste faible, ils vivent plutôt isolément. Mais quand les conditions deviennent favorables à leur reproduction et que les individus se retrouvent nombreux dans une même zone, leur comportement change : ils se rapprochent, se déplacent ensemble et forment des groupes grégaires. Des pluies favorables peuvent d’abord faire pousser rapidement la végétation, fournissant une nourriture abondante aux criquets et permettant à leur population d’augmenter. Lorsque cette végétation se raréfie ensuite, les insectes se concentrent davantage et peuvent constituer des bandes de jeunes criquets puis des essaims adultes. Portés en partie par les vents, ces essaims se déplacent sur de grandes distances à la recherche de végétation.

Une destruction massive des cultures

Un essaim consomme des feuilles, des tiges, des céréales et d’autres végétaux nécessaires aux cultures ou à l’élevage. Pris individuellement, un criquet ne mange qu’une faible quantité ; mais des milliards d’individus réunis absorbent chaque jour une masse considérable de nourriture. Ils peuvent s’abattre sur des champs cultivés, les parcourir rapidement et laisser derrière eux des plantes fortement endommagées ou entièrement détruites. Leur passage peut aussi réduire les pâturages dont dépendent les animaux d’élevage. La perte ne concerne donc pas uniquement les récoltes destinées à la consommation immédiate : elle peut également toucher les semences, les réserves et les ressources nécessaires à la saison agricole suivante.

Des récoltes perdues à la crise alimentaire

Lorsque les cultures sont détruites avant la récolte, les habitants disposent de moins de nourriture et les agriculteurs perdent une source essentielle de revenus. Les familles peuvent alors devoir puiser dans leurs réserves, acheter des denrées plus chères ou vendre des biens et du bétail pour se nourrir. Dans les régions où l’agriculture est déjà fragile, cette situation peut entraîner une hausse des prix, une dépendance accrue aux importations ou à l’aide alimentaire et une aggravation de la malnutrition. Les criquets ne provoquent toutefois pas automatiquement une famine : l’ampleur de la crise dépend aussi des stocks disponibles, de la diversité des cultures, des moyens de transport et de la capacité des autorités à aider les populations. Ils peuvent néanmoins devenir le facteur qui transforme une récolte insuffisante en pénurie majeure.

Surveiller pour limiter les dégâts

La rapidité de la réaction joue un rôle déterminant, car il est plus facile de traiter des groupes encore localisés que des essaims déjà très étendus. La surveillance des zones favorables, l’observation des populations et l’intervention contre les jeunes criquets permettent de réduire le risque de propagation. Une fois les cultures détruites, les mesures de lutte ne peuvent pas rendre la récolte perdue ; elles doivent donc être accompagnées d’un soutien aux agriculteurs et d’une aide alimentaire pour les personnes touchées. C’est la combinaison entre la taille exceptionnelle des essaims, leur consommation de végétation et la dépendance de nombreuses populations à l’agriculture qui explique leur capacité à contribuer à des famines.

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