Climat

Comment l'agriculture intensive influence-t-elle le climat ?

La réponse

L'agriculture intensive contribue au changement climatique principalement à travers les émissions de méthane et de protoxyde d'azote, deux gaz à effet de serre très puissants. Elle favorise aussi la déforestation pour créer des terres arables et réduit la biodiversité, ce qui perturbe les écosystèmes locaux.

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L’agriculture intensive cherche à obtenir des rendements élevés grâce à une forte utilisation des terres, des engrais, de l’eau, des équipements et, dans certains cas, à la concentration des élevages. Ce modèle influence le climat principalement par les gaz à effet de serre qu’il émet, mais aussi par la transformation des milieux naturels nécessaires à son extension. Ses effets concernent donc à la fois l’atmosphère, les sols et les écosystèmes.

Le méthane et le protoxyde d’azote

L’élevage contribue aux émissions de méthane, notamment lors de la digestion des ruminants et de la gestion des déjections animales. La riziculture dans des parcelles inondées peut également en produire. Le protoxyde d’azote est surtout associé à l’utilisation d’engrais azotés et à la décomposition des matières organiques dans les sols agricoles. Ces deux gaz ont un pouvoir de réchauffement élevé et renforcent donc l’effet de serre. Lorsque les apports d’azote dépassent les besoins des cultures, une partie de cet azote est transformée par les microorganismes du sol et peut être libérée sous forme de protoxyde d’azote. L’agriculture intensive accroît ce risque lorsque la fertilisation est mal ajustée.

La déforestation et la conversion des terres

L’extension des cultures et des pâturages peut entraîner la destruction ou la dégradation de forêts, de prairies et d’autres milieux naturels. La disparition de la végétation libère une partie du carbone stocké dans la biomasse et dans les sols, tandis que les écosystèmes ainsi transformés captent souvent moins de carbone atmosphérique. La conversion des forêts en terres agricoles contribue donc au changement climatique en ajoutant des émissions à celles directement liées à la production. Elle modifie également le fonctionnement des écosystèmes locaux, notamment les cycles de l’eau et du carbone, sans que ses effets soient identiques dans toutes les régions.

Des sols plus vulnérables

Le travail répété du sol, la diminution de la matière organique et l’emploi excessif d’intrants peuvent dégrader certaines fonctions des sols. Or un sol riche en matière organique constitue un réservoir de carbone important. Sa dégradation peut réduire cette capacité de stockage et favoriser la libération de carbone dans l’atmosphère. Les apports d’engrais azotés mal maîtrisés accentuent par ailleurs les émissions de protoxyde d’azote. Ces mécanismes ne sont pas propres à toutes les exploitations intensives avec la même ampleur : ils dépendent des pratiques employées, du type de sol et des conditions climatiques.

La réduction de la biodiversité

L’agriculture intensive s’accompagne souvent de monocultures étendues, de la suppression de haies ou de la réduction des habitats naturels. Elle peut ainsi diminuer la diversité des plantes, des insectes, des oiseaux et des organismes du sol. Cette perte de biodiversité perturbe les équilibres des écosystèmes locaux et réduit leur capacité de résilience face aux variations climatiques. Elle ne constitue pas, à elle seule, une émission directe comparable à celles du méthane ou du protoxyde d’azote, mais elle aggrave la fragilisation des milieux agricoles et naturels. La limitation de la déforestation, une fertilisation mieux adaptée et des pratiques favorisant la diversité peuvent réduire une partie de ces impacts.

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