Comment fonctionne un taux de change flottant entre deux monnaies ?
La réponse
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Un taux de change flottant est le prix d’une monnaie exprimé dans une autre, lorsque ce prix n’est pas maintenu à un niveau fixe par les autorités. Entre deux monnaies, il évolue principalement sur le marché des changes, au gré des ordres d’achat et de vente. Si la demande pour une monnaie augmente par rapport à celle qui s’exerce sur l’autre, la première s’apprécie ; si la demande diminue, elle se déprécie. Le taux peut ainsi changer continuellement, parfois même en réaction à des anticipations concernant l’économie plutôt qu’à des événements déjà réalisés.
Un prix formé par les échanges
Sur le marché des changes, les banques, les entreprises, les investisseurs, les fonds et d’autres acteurs échangent des devises. Une entreprise qui doit payer un fournisseur étranger peut acheter la monnaie nécessaire, tandis qu’un investisseur qui souhaite acquérir des actifs dans un autre pays doit également se procurer cette devise. À l’inverse, un acteur qui reçoit une monnaie étrangère ou qui souhaite s’en débarrasser contribue à son offre. Chaque transaction met en présence une demande pour une monnaie et une offre pour l’autre : le taux de change entre les deux monnaies reflète donc leur valeur relative.
Pour comprendre le mouvement du taux, il faut préciser la manière dont il est exprimé. Si l’on indique le nombre d’unités de monnaie B nécessaires pour acheter une unité de monnaie A, une hausse de ce nombre signifie que A s’est appréciée par rapport à B. Une baisse signifie qu’elle s’est dépréciée. Dans tous les cas, l’appréciation d’une monnaie correspond mécaniquement à la dépréciation de l’autre dans la paire considérée.
Les facteurs qui modifient l’offre et la demande
Les flux commerciaux jouent un rôle : les importateurs recherchent des devises pour régler leurs achats et les exportateurs reçoivent des paiements en devises. Les mouvements de capitaux sont également importants. Des investisseurs peuvent acheter une monnaie pour placer leur argent dans un pays, acquérir des obligations ou investir dans des entreprises. Ils peuvent aussi vendre cette monnaie s’ils anticipent une baisse de sa valeur ou s’ils retirent leurs capitaux. Les taux d’intérêt, les perspectives de croissance, l’inflation attendue, la situation budgétaire et le risque politique peuvent donc influencer les décisions, car ils modifient le rendement ou le risque perçu des placements dans chaque monnaie.
Ces facteurs n’agissent toutefois pas selon une règle mécanique. Une hausse des taux d’intérêt peut attirer des capitaux, mais les investisseurs tiennent aussi compte de l’inflation, de la solidité de l’économie et de la probabilité d’une future baisse des taux. De même, un pays qui exporte beaucoup ne voit pas nécessairement sa monnaie monter automatiquement : l’effet dépend notamment de la façon dont les recettes sont conservées, investies ou converties. Les anticipations et les opérations de couverture peuvent ainsi faire varier le taux avant même qu’un changement concret des échanges commerciaux ne se produise.
Le rôle des banques centrales
Dans un régime flottant, la banque centrale ne fixe pas directement un cours officiel entre sa monnaie et une autre. Elle peut néanmoins influencer le taux par sa politique monétaire. Une modification des taux directeurs, par exemple, peut changer l’attrait relatif des placements libellés dans cette monnaie et donc agir sur la demande. Les déclarations de la banque centrale et les anticipations concernant ses décisions peuvent aussi provoquer des mouvements de change.
Une banque centrale peut par ailleurs intervenir ponctuellement sur le marché en achetant ou en vendant sa propre monnaie contre des devises étrangères. Une telle intervention vise généralement à limiter des variations jugées excessives ou à répondre à une situation particulière ; elle ne transforme pas nécessairement le flottement en taux fixe. Dans la pratique, certains pays appliquent un flottement administré, avec des interventions plus fréquentes, tandis que d’autres laissent davantage le marché déterminer le cours.
Les effets sur l’économie
Les variations du taux de change se transmettent aux échanges et aux prix. Une appréciation rend en général les biens et services importés moins coûteux dans la monnaie nationale, mais elle peut rendre les exportations plus chères pour les acheteurs étrangers. Une dépréciation produit l’effet inverse : elle peut améliorer la compétitivité-prix des exportations, tout en renchérissant les produits importés et certains coûts de production. Son impact dépend notamment de la part des composants importés, des contrats conclus et de la rapidité avec laquelle les entreprises répercutent les variations de change.
Le flottement offre une souplesse d’ajustement, mais il expose aussi les entreprises et les investisseurs à une incertitude sur la valeur future des recettes, des dépenses et des dettes en devises. Ils peuvent se protéger au moyen d’opérations de couverture, sans pour autant supprimer complètement le risque. Le fonctionnement essentiel reste donc celui d’un prix relatif déterminé principalement par l’offre et la demande, avec la possibilité d’actions ponctuelles des banques centrales.
