Pourquoi et comment

Comment fonctionne le principe de la pasteurisation et qui l’a découverte ?

La réponse

La pasteurisation est un procédé qui consiste à chauffer un liquide, comme le lait, à une température suffisante pour tuer les bactéries pathogènes sans altérer ses propriétés. Elle a été découverte par Louis Pasteur au milieu du XIXe siècle. Cette méthode a permis de prolonger la durée de conservation des aliments et de réduire les maladies d’origine alimentaire.

En savoir plus

La pasteurisation est un traitement thermique conçu pour rendre les aliments et les boissons plus sûrs tout en conservant largement leurs qualités. Elle est particulièrement associée au lait, mais elle peut aussi s’appliquer à d’autres liquides, notamment certains jus et boissons fermentées. Son principe repose sur une idée simple : exposer le produit à une température déterminée pendant une durée suffisante pour détruire ou réduire fortement les micro-organismes pathogènes, sans recourir à une chaleur assez intense pour le stériliser complètement. Cette méthode porte le nom du scientifique français Louis Pasteur, qui l’a mise au point au milieu du XIXe siècle dans le cadre de ses recherches sur les altérations du vin.

Un traitement fondé sur le couple température-durée

La pasteurisation ne consiste pas à chauffer indistinctement un aliment jusqu’à éliminer toute forme de vie microbienne. Elle vise surtout les bactéries pathogènes et les micro-organismes responsables de certaines dégradations. Son efficacité dépend toujours de deux paramètres liés : la température atteinte et la durée d’exposition. Plus la température est élevée, plus le temps nécessaire peut être court. Dans le cas du lait, des procédés courants reposent par exemple sur un chauffage à température relativement modérée pendant plusieurs dizaines de minutes, ou sur une température plus élevée pendant quelques secondes. Après le chauffage, le produit est généralement refroidi rapidement afin de limiter la multiplication des micro-organismes restants. La pasteurisation ne rend donc pas l’aliment impérissable et ne remplace ni l’hygiène ni la conservation au froid, mais elle réduit nettement le risque sanitaire et prolonge sa durée de conservation. Elle préserve aussi beaucoup mieux le goût, la texture et les qualités nutritionnelles qu’un traitement thermique plus sévère, même si elle peut entraîner certaines modifications limitées.

Les travaux de Louis Pasteur sur le vin

Louis Pasteur s’est intéressé à la pasteurisation en étudiant les fermentations et les maladies du vin. Dans les années 1860, il a montré que les altérations observées dans certains vins n’étaient pas de simples transformations chimiques spontanées : elles étaient liées à l’action de micro-organismes. En chauffant le vin de manière contrôlée, il devenait possible de limiter ces micro-organismes et d’empêcher ou de retarder l’apparition de certains défauts, sans détruire complètement les caractéristiques du produit. Ces recherches ont contribué à établir le lien entre la présence de micro-organismes et la dégradation des aliments. Le procédé a ensuite été désigné sous le nom de pasteurisation en hommage à Pasteur. Sa découverte ne doit donc pas être comprise comme l’invention d’une stérilisation totale, mais comme la mise au point d’un chauffage contrôlé permettant d’améliorer la conservation et la sécurité d’un produit.

Du vin au lait, un enjeu de santé publique

L’application de cette méthode au lait a constitué une étape majeure. Le lait cru pouvait transmettre ou favoriser la transmission de bactéries responsables de maladies, notamment la tuberculose et la brucellose, lorsque les animaux ou les conditions de production étaient contaminés. En réduisant la présence de ces agents pathogènes, la pasteurisation a contribué à rendre la consommation de lait plus sûre. Le procédé s’est progressivement diffusé dans les laiteries et les circuits de distribution, avec des équipements adaptés à la production alimentaire. À la fin du XIXe siècle, le chimiste allemand Franz von Soxhlet a notamment contribué au développement de la pasteurisation du lait. Cette évolution a accompagné les progrès de l’hygiène, du contrôle sanitaire et de la réfrigération, plutôt que de les remplacer. La diminution des risques liés au lait pasteurisé résulte ainsi de l’action combinée de plusieurs mesures de santé publique.

Une méthode distincte de la stérilisation

La pasteurisation reste utilisée parce qu’elle offre un compromis entre sécurité et préservation du produit. Elle ne détruit pas nécessairement tous les micro-organismes ni toutes les spores : certains produits doivent donc rester réfrigérés et être consommés dans un délai déterminé. Les traitements dits UHT, qui chauffent très brièvement le lait à une température beaucoup plus élevée, appartiennent à une autre catégorie de traitements thermiques et permettent une conservation plus longue avant ouverture. Dans tous les cas, le principe hérité des travaux de Pasteur demeure le même : choisir un traitement suffisamment énergique pour réduire les dangers microbiologiques, mais suffisamment mesuré pour éviter une altération excessive des propriétés de l’aliment.

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