Comment et quand le prêt-à-porter féminin s’est-il développé ?
La réponse
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Le prêt-à-porter féminin n’est pas né d’une boutique unique ni de l’initiative d’un seul créateur. Des vêtements féminins confectionnés existaient déjà au XIXe siècle, mais le système moderne s’est constitué par étapes, grâce à l’industrialisation de la confection, à la diffusion de tailles standardisées et à l’essor de nouveaux circuits de distribution. Il s’est surtout structuré après 1945, lorsque la production en série et la consommation de masse ont profondément transformé l’accès des femmes à la mode.
Les premières formes de confection
Au XIXe siècle, la majorité des vêtements élégants destinés aux clientes fortunées restait réalisée sur mesure par des couturières ou des maisons de couture. Cependant, l’industrialisation a progressivement permis de fabriquer des vêtements en plus grande quantité. Les progrès des machines à coudre, le développement des ateliers spécialisés, des grands magasins, des catalogues et de la vente à distance ont favorisé la diffusion de pièces déjà confectionnées. Cette production ne correspondait pas encore partout au prêt-à-porter contemporain, mais elle rompait avec l’idée selon laquelle chaque vêtement devait être entièrement exécuté pour une personne déterminée.
Une activité distincte de la haute couture
La haute couture et le prêt-à-porter reposent sur des logiques différentes. La haute couture propose des modèles conçus par une maison et réalisés selon les mesures d’une cliente, avec un important travail d’atelier. Le prêt-à-porter fabrique au contraire des vêtements en plusieurs exemplaires et dans des tailles définies à l’avance, afin qu’ils soient distribués par des magasins ou d’autres réseaux commerciaux. Cela ne signifie pas nécessairement qu’aucune retouche n’est possible, mais le vêtement n’est pas créé intégralement sur commande. Les deux secteurs ont néanmoins entretenu des relations étroites : les tendances de la couture ont souvent inspiré les collections fabriquées en série, tandis que le prêt-à-porter a élargi la diffusion des styles.
L’accélération après 1945
Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions d’un prêt-à-porter féminin moderne se mettent progressivement en place. Les entreprises améliorent l’organisation de la production, la gradation des tailles et la distribution. L’augmentation de la capacité industrielle, l’essor des magasins spécialisés et la progression de la consommation permettent de proposer plus régulièrement des collections renouvelées à un public plus large. Des fabricants et des créateurs contribuent à rapprocher la mode et l’industrie, en adaptant la création aux contraintes de la production en série. Le prêt-à-porter devient alors un secteur identifié de l’habillement, et non plus seulement un ensemble de vêtements confectionnés vendus à côté des créations sur mesure.
Une transformation des usages
Le développement du prêt-à-porter féminin modifie le rapport à l’habillement. Les clientes peuvent choisir parmi des modèles disponibles immédiatement ou rapidement dans un réseau commercial, sans passer par le long processus d’une commande entièrement personnalisée. La mode se renouvelle plus fréquemment et s’adresse à des catégories sociales beaucoup plus larges qu’auparavant. Cette évolution ne fait pas disparaître la haute couture, qui conserve une fonction de création et de prestige, mais elle change l’échelle économique de la mode féminine. Il est donc impossible d’attribuer la naissance du prêt-à-porter à Paul Poiret en 1909 : couturier de haute couture, il appartient à l’histoire de la création vestimentaire, mais il n’est pas le fondateur unanimement reconnu du prêt-à-porter féminin.
