Accords et grammaire française

Comment accorder le verbe avec un sujet joint par ni ?

La réponse

Lorsque deux sujets singuliers sont reliés par ni… ni, le verbe se met généralement au pluriel : « Ni le chat ni le chien ne sont sortis. » Le singulier est possible lorsque les sujets sont envisagés séparément, notamment avec « ni l’un ni l’autre » : « Ni l’un ni l’autre n’est venu. » L’accord dépend donc du sens.

En savoir plus

L’accord du verbe avec plusieurs sujets reliés par ni… ni dépend principalement de la manière dont ces sujets sont envisagés. Lorsque deux sujets singuliers sont coordonnés, le pluriel constitue l’accord généralement attendu : la négation porte alors sur chacun des sujets, mais ceux-ci forment ensemble le groupe sujet du verbe. Le singulier reste toutefois possible lorsque les éléments sont considérés séparément, en particulier dans la locution « ni l’un ni l’autre ».

Le pluriel avec deux sujets singuliers

Avec deux sujets singuliers reliés par « ni… ni », on met généralement le verbe au pluriel. Ainsi, on écrira : « Ni le chat ni le chien ne sont sortis » ou « Ni Pierre ni Marie n’ont répondu ». Dans ces phrases, le verbe se rapporte à deux sujets coordonnés, même si chacun est introduit par une négation. La présence de « ne » ou de « n’ » ne modifie pas l’accord : c’est le groupe formé par les deux sujets qui commande habituellement le pluriel. Cette construction est comparable, du point de vue du nombre, à celle d’un sujet composé réunissant plusieurs éléments.

Le singulier selon le sens

Le singulier peut être choisi lorsque les sujets sont envisagés séparément, comme deux possibilités examinées l’une après l’autre plutôt que comme un ensemble. L’exemple le plus courant est « Ni l’un ni l’autre n’est venu ». La locution « ni l’un ni l’autre » désigne ici chacun des deux individus pris isolément : aucun des deux n’est venu. L’accord ne se décide donc pas uniquement en fonction de la présence de deux groupes nominaux ; il dépend aussi du sens que l’on donne à la phrase et de la façon dont le locuteur organise mentalement les sujets.

Une différence avec la coordination par et

Il ne faut pas appliquer mécaniquement à « ni… ni » les mêmes réflexes qu’à la coordination par « et ». Avec « et », deux sujets singuliers entraînent normalement le pluriel : « Le chat et le chien sont sortis ». Avec « ni… ni », le pluriel reste également la solution générale lorsque les deux sujets sont réunis dans la même relation avec le verbe, mais la négation et la valeur d’exclusion rendent possible un accord singulier dans certains contextes. Le choix doit donc respecter l’interprétation de la phrase plutôt qu’une prétendue règle imposant systématiquement le singulier.

Choisir l’accord dans la phrase

Pour choisir le nombre, il faut d’abord repérer les sujets coordonnés, puis se demander s’ils sont présentés ensemble ou séparément. « Ni le vent ni la pluie n’ont interrompu la cérémonie » retient le pluriel, car les deux phénomènes sont associés dans le constat négatif. En revanche, « Ni l’un ni l’autre n’est venu » retient le singulier, conformément à la valeur de la locution. L’accord avec « ni » repose ainsi sur une règle générale — le pluriel pour deux sujets singuliers — assortie d’une possibilité de singulier lorsque le sens impose de considérer les sujets individuellement.

CultureG.org