Réchauffement climatique

Combien de temps le CO2 émis reste-t-il dans l’atmosphère ?

La réponse

Le CO2 n’a pas une durée de vie unique : une partie est absorbée en quelques décennies, mais une fraction persiste pendant des siècles, voire des milliers d’années. Les émissions actuelles continueront donc à influencer le climat pendant de nombreuses générations, d’où la nécessité de les réduire rapidement.

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Le dioxyde de carbone ne possède pas une durée de vie unique dans l’atmosphère. Après une émission, une partie du carbone est progressivement reprise par les végétaux et les océans, tandis qu’une autre demeure en circulation beaucoup plus longtemps. Cette caractéristique distingue le CO2 de nombreux polluants à durée de vie plus courte : les émissions d’aujourd’hui continuent d’influencer le climat pendant des siècles, voire des milliers d’années.

Un cycle d’élimination progressif

Dire que le CO2 reste « 100 ans » dans l’atmosphère est une simplification trompeuse. Il ne disparaît pas selon un calendrier fixe et toutes les molécules émises ne suivent pas le même parcours. Les puits naturels, notamment les écosystèmes terrestres et les océans, absorbent une partie du surplus. Toutefois, cette absorption est progressive et le carbone peut ensuite être réémis par la respiration, les incendies, la décomposition ou certains échanges océaniques. Il est donc plus exact de parler d’une diminution graduelle de la quantité de CO2 atmosphérique que d’une durée de vie moyenne unique.

Le rôle des océans et des écosystèmes

Les plantes et les sols captent du dioxyde de carbone par la photosynthèse, mais une partie de ce carbone retourne rapidement dans l’atmosphère. Les océans absorbent également une part importante des émissions humaines. Une fraction y est dissoute dans les eaux de surface, puis une partie est transportée vers les profondeurs par la circulation océanique. Ce transfert prend du temps et ne constitue pas une disparition définitive du carbone : les échanges entre l’océan et l’atmosphère se poursuivent. À plus long terme, les processus géologiques, comme l’altération des roches, peuvent retirer davantage de carbone du système atmosphérique, mais ils se déroulent sur des échelles de temps très longues.

Une fraction présente pendant des siècles

Grâce à ces mécanismes, une partie des émissions est absorbée en quelques décennies. Cependant, une fraction du CO2 ajouté à l’atmosphère persiste pendant des siècles, et une autre peut encore influencer le système climatique pendant des milliers d’années. La proportion exacte dépend de l’évolution des émissions et de l’état des puits naturels. Le réchauffement ne dépend d’ailleurs pas seulement de la présence instantanée du gaz : les océans et les continents réagissent lentement, ce qui prolonge les conséquences de l’accumulation passée.

Une conséquence directe pour l’action climatique

Cette persistance explique pourquoi une réduction rapide des émissions est déterminante. Tant que les émissions dépassent durablement les quantités retirées par les puits naturels, la concentration atmosphérique augmente. Atteindre un équilibre entre émissions et absorptions peut stabiliser cette concentration, mais ne fait pas disparaître immédiatement le réchauffement déjà engagé. Les émissions actuelles laisseront donc une empreinte climatique qui se transmettra à de nombreuses générations, même si une partie du CO2 est retirée de l’atmosphère relativement tôt.

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