Combien de mers et d'océans y a-t-il sur Terre ?
La réponse
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Les océans et les mers couvrent plus de 70 % de la surface terrestre, formant un réseau interconnecté qui influence les climats, les écosystèmes et les activités humaines depuis des millénaires. Si les océans se distinguent par leur immensité et leur rôle stratégique dans la circulation océanique mondiale, les mers, souvent perçues comme des extensions ou des parties d’océans, présentent une diversité géographique et écologique remarquable. Cette distinction soulève une question essentielle : comment décompter précisément ces étendues d’eau salée, alors que leurs frontières naturelles et leurs classifications évoluent avec les connaissances scientifiques ?
Les cinq océans, piliers de la géographie planétaire
Les océans sont les plus vastes étendues d’eau salée de la Terre, séparées par des continents et des systèmes de circulation distincts. Leur nombre a été officiellement reconnu par l’Organisation hydrographique internationale (OHI) en 2000, avec l’ajout de l’océan Austral, aussi appelé océan Antarctique, autour du continent antarctique. Cet océan, bien que parfois considéré comme une extension des océans Pacifique, Atlantique et Indien, est caractérisé par le courant circumpolaire antarctique, qui isole ses eaux froides et influence le climat mondial. Le Pacifique, le plus grand et le plus profond, abrite la fosse des Mariannes, tandis que l’Atlantique, marqué par le Gulf Stream, joue un rôle clé dans la régulation thermique de l’Europe. L’océan Indien, traversé par la mousson, influence profondément les populations riveraines, tandis que l’océan Arctique, couvert en grande partie par la banquise, est le plus petit et le moins profond des cinq.
Des mers aux définitions variables : entre géographie et géopolitique
Contrairement aux océans, les mers n’ont pas de frontières universellement reconnues, ce qui explique la variabilité de leur décompte. Certaines, comme la mer Méditerranée ou la mer Rouge, sont en réalité des extensions d’océans, séparées par des détroits ou des seuils sous-marins. D’autres, comme la mer Caspienne ou la mer Morte, sont des lacs salés considérés comme des mers en raison de leur histoire géologique ou de leur salinité élevée. L’OHI recense officiellement 63 mers, mais cette liste inclut des entités parfois contestées, comme la mer de Marmara ou la mer des Sargasses, dont les limites sont floues ou mouvantes. La classification dépend aussi des critères retenus : profondeur, salinité, connectivité avec l’océan ou usage politique. Par exemple, la mer de Chine méridionale, objet de tensions géopolitiques, est parfois subdivisée en plusieurs zones maritimes, ce qui complexifie son décompte.
Les mers fermées : des écosystèmes uniques et fragiles
Parmi les mers, certaines sont entièrement entourées de terres, formant des bassins isolés dont les caractéristiques hydrologiques et biologiques diffèrent radicalement des océans. La mer Caspienne, bien que techniquement un lac, est souvent classée comme une mer en raison de son histoire géologique et de sa salinité élevée (environ 12 g/L). Son niveau d’eau, influencé par l’évaporation et les apports fluviaux, varie au fil des siècles, menaçant les écosystèmes locaux comme la pêche sturgeon, source de caviar. La mer Morte, située entre Israël, la Jordanie et la Palestine, est l’un des points les plus bas de la Terre et concentre une salinité extrême (340 g/L), empêchant toute forme de vie macroscopique. Ces mers fermées sont particulièrement vulnérables aux activités humaines, comme l’exploitation des ressources ou la pollution, en raison de leur faible renouvellement en eau.
L’impact des mers ouvertes sur les sociétés humaines
Les mers ouvertes, comme la mer du Nord ou la mer de Béring, jouent un rôle économique et culturel majeur depuis l’Antiquité. Elles servent de routes commerciales, de zones de pêche et de sources d’énergie renouvelable, notamment grâce aux éoliennes offshore. La mer Baltique, par exemple, est un corridor stratégique pour les pays nordiques et baltes, tandis que la mer de Chine orientale est un enjeu de souveraineté pour plusieurs États asiatiques. Certaines mers, comme la mer des Caraïbes, abritent des récifs coralliens parmi les plus riches au monde, essentiels à la biodiversité marine. Leur gestion nécessite une coopération internationale, comme en témoignent les conventions pour la protection de la mer Méditerranée (Plan d’action pour la Méditerranée) ou la lutte contre la pollution plastique dans l’océan Pacifique Nord.
Une classification en constante évolution
La délimitation des océans et des mers n’est pas figée : elle reflète les avancées scientifiques et les enjeux géopolitiques contemporains. Par exemple, l’océan Austral, longtemps considéré comme une extension des océans Pacifique et Atlantique, a été reconnu pour son rôle écologique unique, notamment dans la séquestration du CO₂. De même, la découverte de nouvelles structures sous-marines, comme les dorsales océaniques ou les monts sous-marins, peut modifier les cartes océanographiques. Les mers, quant à elles, voient leur statut évoluer en fonction des traités internationaux ou des découvertes géologiques. Ainsi, la classification de la mer d’Aral, autrefois quatrième plus grande mer intérieure, a radicalement changé après sa quasi-disparition due à la surexploitation agricole dans les années 1960. Ces ajustements rappellent que la cartographie des océans et des mers reste un exercice dynamique, à la croisée de la science, de la diplomatie et de l’écologie.