Combien de consuls dirigeaient Rome à la fois sous la République romaine ?
La réponse
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Sous la République romaine, le pouvoir suprême n’était pas confié à un seul magistrat, mais à deux consuls élus chaque année. Cette règle de collégialité constituait l’un des principes centraux des institutions romaines : les deux titulaires exerçaient simultanément la plus haute magistrature ordinaire et devaient composer avec les pouvoirs de l’autre. L’objectif était d’empêcher qu’un individu ne puisse concentrer durablement l’autorité civile et militaire, comme cela avait été associé au régime monarchique antérieur.
Deux magistrats pour une même charge
Les consuls formaient un collège de deux magistrats. Chacun possédait l’imperium, c’est-à-dire une autorité publique particulièrement étendue, notamment dans le domaine militaire. Ils pouvaient commander les armées, convoquer le Sénat et réunir certaines assemblées du peuple romain. Leur mandat était normalement limité à une année, et les consuls donnaient leur nom à l’année de leur exercice : ils étaient ainsi appelés magistrats éponymes. Cette organisation permettait d’assurer une direction de l’État tout en évitant que la magistrature suprême ne devienne une fonction personnelle permanente.
Un pouvoir partagé et limité
La présence de deux consuls ne signifiait pas qu’ils se répartissaient mécaniquement les compétences, comme deux ministres modernes. Ils détenaient en principe des pouvoirs comparables et pouvaient agir dans les domaines relevant de leur magistrature. Toutefois, chacun pouvait s’opposer à l’action de son collègue grâce à l’intercessio, un mécanisme de blocage qui obligeait les deux détenteurs de l’imperium à tenir compte l’un de l’autre. La collégialité introduisait donc une forme de contrôle réciproque. Les consuls devaient également respecter les autres institutions de la République, notamment le Sénat, les assemblées populaires et, dans certaines situations, les tribuns de la plèbe, dont le veto pouvait protéger les citoyens contre une décision jugée abusive.
La désignation des consuls
Les consuls étaient élus par une assemblée du peuple, les comices centuriates. L’élection s’inscrivait dans le fonctionnement annuel des magistratures et dans la compétition politique entre les membres des élites romaines. Une fois élus, les consuls entraient en fonction selon le calendrier en vigueur et exerçaient ensemble la magistrature pendant la durée prévue. La République ne reposait donc pas sur un chef unique, mais sur un ensemble de magistratures hiérarchisées et temporaires, dont le consulat représentait le sommet dans le fonctionnement ordinaire de l’État.
Une règle maintenue malgré les crises
Le principe des deux consuls resta la norme pendant la République, même si les guerres, les conflits sociaux et les rivalités politiques en modifièrent parfois le fonctionnement concret. En période de crise exceptionnelle, une dictature pouvait être instituée pour une durée limitée, ce qui suspendait temporairement le fonctionnement habituel de certaines magistratures sans supprimer le principe général du consulat. À la fin de la République, des hommes comme Marius, Sylla ou César firent du consulat un instrument majeur de leur lutte politique, et les institutions furent de plus en plus fragilisées par les pouvoirs extraordinaires et les guerres civiles. Malgré ces évolutions, la réponse institutionnelle demeure claire : dans le fonctionnement normal de la République romaine, Rome était dirigée par deux consuls élus chaque année, et non par un consul unique.
